Antoine Horellou, portrait du fondateur de SEAtizens

Qui suis-je ?

Je m’appelle Antoine Horellou, je suis passionné par l’innovation sociale citoyenne que je traduis par « des citoyens trouvent et développent des solutions innovantes et efficaces pour relever les défis sociaux, environnementaux, économiques de l’humanité ».

En 2006 j’ai lancé SEAtizens, un réseau informel d’entrepreneurs sociaux maritimes dont le but est de sensibiliser le grand public à la possibilité d’entreprendre avec de l’impact social et environnemental positif, sur le littoral ou en mer.

En 2014 je crée créé BOPS.io pour mettre en oeuvre des solutions d’accès aux besoins de base (logement, énergie) des populations au Bas de la Pyramide (BOP) des revenus.

L’histoire qui m’a amenée à l’innovation sociale

A 20 ans, en 2004 et 2005, je suis parti quelques semaines au Niger, à Maradi, pour aider une petite ONG locale à construire une école pour les enfants sourds de la ville.
Comme la plupart des jeunes occidentaux, j’étais alors au courant des défis sociaux, environnementaux, économiques dramatiques auxquels l’humanité faisait face, mais pas au point de changer ma vie. Je n’imaginais pas que la vue d’un de ces drames (ici la malnutrition infantile) me bouleverserait autant, et je n’imaginais pas plus que je pourrai avoir le moindre rôle à jouer dans de tels drames…

antoine

Sensibilisation sur la situation des enfants sourds. Radio locale, Région de Maradi, Niger, 2004

C’est en rentrant du Niger que j’ai trouvé des pistes, en rencontrant des gens particulièrement intéressants. Guy Pourcet, Philippe Hugon, et les autres intervenants du master DET de Nanterre m’ont donné des bases décloisonnées (économiques, sociologiques, démographiques, ethnologiques, etc) pour mieux appréhender le défi du développement économique des pays les plus pauvres. D’autres rencontres et lectures (Drayton, Baratier, Halevy, Rifkin puis Duflo) m’ont permis de mieux comprendre les défis sociétaux et le rôle des entrepreneurs pour les relever. Enfin, des entrepreneurs sociaux (notamment ceux du réseau Ashoka) m’ont prouvé que chacun pouvait apporter des solutions pertinentes, efficaces et à fort potentiel pour résoudre des défis sociétaux à grande échelle. Cet ensemble m’a inspiré et convaincu de m’impliquer pour l’innovation sociale.

En 2006, j’ai donc décidé de concentrer mon énergie sur le changement d’échelle des innovations sociales : comment – après avoir fait preuve de son concept – une innovation (technologique ou méthodologique à fort impact social), peut être diffusée rapidement à grande échelle ?

Mon expérience dans l’innovation sociale 

Début 2007, après un passage chez Ashoka (le principal réseau mondial d’entrepreneurs sociaux innovants), j’ai rejoint Thomas Granier et l’Association la Voûte Nubienne (AVN) que j’ai co-dirigée jusqu’en 2014. Nous travaillons maintenant ensemble dans le cadre de BOPS pour permettre aux populations d’Afrique sahélienne d’accéder de manière pérenne à un habitat de qualité et à un métier rémunérateur en développant le marché de la construction en « Voûte Nubienne »

Antoine avec les macons nubiens

Avec des maçons « nubiens ». Ouagadougou, Burkina Faso, 2008.

Je soutiens aussi d’autres innovations comme par exemple Watever.org (pour l’accès à des solutions flottantes pour les populations littorales démunies), et aussi le lancement d’une filière permettant l’accès à l’éclairage solaire pour le plus grand nombre en Afrique avec le groupe Chabanne et CB Energie.

J’ai aussi appuyé le lancement d’une innovation monétaire : le CompteEpargneCO2.com qui a créé le « Climate Coin », première monnaie numérique dédiée au changement climatique.

Méthodologies et compétences 

Outre les méthodologies de terrain permettant de renforcer les capacités des entrepreneurs locaux, je travaille sur les innovations financières permettant de booster l’innovation sociale : j’étudie depuis 2008 l’émergence de l’impact investing, les questions de « retour sur investissement social » (Social Return on Invesment – SROI), de « financements basés sur les résultats » (Result-based fundings).

Enfin, je travaille sur l’institutionnalisation des solutions : comment permettre aux autorités locales et à l’ensemble de la chaine de valeur de s’approprier ces sujets d’intérêt général.

Mes « sujets » sont :

« Market-Based Approaches » (MBAs – diffuser des solutions innovantes au bénéfice de tous par les mécanismes de marché); Bottom of pyramid (BOP) ; impact investing ; Result-based Funding ; Jugaad ; CO2 ; carbone ; entrepreneuriat social ; innovation sociale ; impact social, développement durable, sustainability, responsabilité sociale – RSE, engagement citoyen, bottom of pyramid – BOP ; chaine de valeur : business inclusif ; institutionnalisation ; business planning ; analyse de marché ; habitat ; formation

Awards et distinctions

J’ai aidé AVN à recevoir les distinctions suivantes : Tech Awards of Innovation 2007, Entrepreneur Social de l’année au World Economic Forum (Schwab Foundation) 2012, World Bank Development Marketplace best adaptation to climate change 2009, Dubai/UN-Habitat Best south-south technology transfer 2012, World Habitat Awards 2009.


Antoine Horellou

me contacter : antoine.horellou(a)seatizens.org + retrouvez-moi sur LinkedIn

Thierry Leques et David Beaulieu, revalorisation sociale des poches à huîtres

ThierryLeques

Echo Mer et la Navicule Bleue ont lancé un projet ensemble pour revaloriser les anciennes poches à huîtres.

La Navicule Bleue et Echo Mer sont 2 entreprises sociales innovantes, et c’est pourquoi je tâche d’en parler régulièrement sur ce blog.

La Navicule Bleue est une entreprise sociale qui produit des huîtres en impliquant des personnes handicapées, dirigée par le très sympathique Thierry Leques à Marennes-Oléron. Echo Mer quant à elle travaille depuis plusieurs années sur la protection de la mer en général, avec notamment la revalorisation des anciennes voiles. Echo Mer est dirigée par David Beaulieu à La Rochelle.

Voici le topo de ce nouveau projet :

Que faire des poches à huitres en plastique qui ne sont plus utilisables pour l’élevage des huitres? Il y en a des milliers entassées dans les bassins ostréicoles qui pourrissent et polluent l’environnement.  Pour y remédier, Echo-Mer, recherche des solutions et des partenaires pour les recycler en les transformant en divers objets utilisés dans la vie quotidienne comme par exemple des corbeilles à papier, des paniers à provision, des supports pour paillage dans les jardins, toitures végétales

Revalorisation des poches à huitres par l’association ECHO MER et l’association Navicule Bleue.

Voir la vidéo de présentation

Voir le site Echo Mer

Voir le site Navicule Bleue

Ecotaxe et emploi, bonnet rouge et rouge bonnet

Emploi et environnement, c’est bonnet rouge et rouge bonnet…Demain, grande manif pour l’emploi et contre l’écotaxe place de la résistance à Quimper.

Pourquoi ça grogne ?

Pour l’emploi : un territoire sans emploi c’est un territoire mort d’où le « La Bretagne se meurt ». Or l’emploi c’est des entreprises, et si les entreprises croulent sous trop de taxes et de charges, alors elles finissent pas couler.

L’ecotaxe n’est qu’une goutte d’eau, et la Bretagne n’est qu’une partie visible d’un iceberg de colère qui ne fait que grandir en France et qui trouve ses racines dans la difficile problématique de l’intégration d’une économie locale dans l’économie internationale.

Il s’agit d’abord d’un défi économique classique.

Avec l’ouverture des marchés européens, négociée dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, l’agriculture (et la pêche) bretonne axée sur le volume et les faibles marges s’est trouvée confrontée à la concurrence des autres pays. Des distorsions de concurrence sont apparues entre la France et des pays comme l’Allemagne, qui ont recours dans leurs abattoirs à la main-d’œuvre roumaine ou polonaise payée au salaire de leur pays d’origine. Quant aux « restitutions », elles ont commencé à baisser, et l’Union européenne a voté leur disparition à terme.

=> A cela s’ajoute la fluctuation du prix des matières premières agricoles, de plus en plus spéculatives. Or, l’élevage breton importe une bonne part de la ration, en particulier le soja, devenu plus coûteux au fil des ans
=> Le développement de la grande distribution, qui pèse inexorablement sur les prix et les marges de ses fournisseurs, a aussi contribué à mettre le secteur sous tension.

Mais : à la fin c’est l’Allemagne (et les libéraux) qui gagnent…

Puis, petit à petit, le défi environnemental (aux incidences économiques) s’est posé. Le secteur est responsable de rejets polluants, via son système de production (surtout pour l’élevage) et de transport, qui conduisent à des mesures (étatiques) punitives aux incidences économiques – et donc sociales- importantes, et nous y voilà donc : le mouvement de contestation breton s’est cristallisé sur le rejet de l’écotaxe, devenue un symbole du « pouvoir jacobin ».

Or qu’il s’agisse de préserver l’emploi local ou l’environnement, il y a pourtant des alternatives qui ne soient ni par la seule taxe, ni par la seule autorégulation du marché.

Shipping, World Trade and the Reduction of CO2 Emissions

Pour l’environnement, on parle ici de taxe dont la motivation (fort légitime) est de lutter à la fois contre le changement climatique (dont les incidences économiques seront catastrophique si rien n’est fait), et la dépendance énergétique : on taxe les camions pour financer le train et le fluvial-maritime moins polluants et sensés être aussi moins coûteux.

Mais on pouvait penser par exemple à une combinaison entre taxes d’un côté et permis d’émission d’un autre (et donc marché du carbone). C’est ce que le gouvernement français en janvier 2000 : instituer une écotaxe certes (la taxe a ses vertus dans certains cas), mais dont seraient exemptées les entreprises fortement consommatrice, à condition qu’elles entrent dans un système restreint de permis. Invalidé par le conseil constitutionnel en décembre 2000, ce système hybride avait le mérite de permettre la convergence des coûts marginaux dans le secteur où ils sont élevés, et de préserver la concurrentialité de l’économie française…

Et des systèmes de compensation carbone (plus incitatives que la taxe) existent, à commencer notamment par le Compte Epargne CO2, le premier système de compensation LOCAL d’émission, et dont justement le lancement est bientôt prévu en Bretagne fin 2013… je vous en reparlerai.

Pour les données comparatives entre les modes de transport, voir => http://www.shippingandco2.org/index.htm

Claire Nouvian – Bloom et la pêche en eaux profondes

Claire Nouvian

Claire Nouvian a créé l’association Bloom, dont l’objet est de sensibiliser à la protection des écosystèmes marins, principalement des grands fonds océaniques et des espèces menacées.

Bloom devient incontournable dans le paysage de l’économie maritime.

En 2006, l’association gagne en visibilité grâce au livre et à l’exposition Abysses publié et montée par la fondatrice et directrice de BLOOM Claire Nouvian, le livre est traduit en 10 langues, primé 4 fois et vendu à 150 000 exemplaires. En parallèle, l’exposition compte plus d’un million de visiteurs et continue son itinérance. En 2009, l’association ouvre un bureau à Hong-Kong. Le champ d’action de BLOOM en Asie se centre sur les requins en remplissant une action d’éducation des enfants et du public en partenariat avec les acteurs locaux. À partir de 2012, BLOOM gagne en importance grâce à ses succès contre la Scâpeche du groupe Intermarché qui pratique la pêche en eaux profondes à l’aide de chaluts de fonds.

BLOOM est la cible de critiques de la part de l’association « BLUE FISH » qui se définit comme une association de professionnels, d’élus et de scientifiques qui souhaitent faire contrepoids aux idées environnementalistes. Ce regroupement fait du lobbying auprès des instances européennes à Bruxelles. Elle tient à démontrer que la pêche en eaux profondes est « devenue durable » et « qu’il n’y a pas de surpêche les quotas n’étant pas atteints » .

Pour autant…

L’océan profond représente à lui seul 98% de l’espace dans lequel la vie peut se développer sur terre. Le milieu profond est très mal connu de la science et quasiment inexploré. Les espèces des pêches profondes sont, pour la plupart, caractérisées par une faible résilience et une grande vulnérabilité du fait de leur croissance très lente, de leur maturité tardive voire très tardive et de leur faible taux de fécondité. Par ailleurs, la plupart de ces espèces ont une grande longévité (souvent supérieure à 100 ans). Les pêches en eaux profondes se réalisent majoritairement avec des chaluts profonds, c’est-à-dire des filets de pêche lestés qui raclent le fond des océans jusqu’à200 mètres de profondeur. Moins de 300 bateaux à travers le monde participent à cette pêche et celle-ci représente seulement 1% de la pêche en Atlantique Nord-Est, tout en ayant un impact lourd sur l’écosystème marin. D’ailleurs, en 2004, 1136 chercheurs ont signé une pétition demandant à l’Assemblée Générale des Nations-Unies un moratoire sur le chalutage profond.

Ces extraits sont issus de Wikipedia, l’ensemble des sources y sont disponibles :

http://fr.wikipedia.org/wiki/BLOOM#cite_ref-14

Yves Marre et Marc Van Peteghem – pour les populations démunies au Bangladesh

 

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Watever est une association qui a pour vocation de porter assistance aux populations démunies qui vivent sur les rives des océans et des fleuves par l’étude et la mise en place de solutions techniques adaptées à leurs situations économiques, sociales et climatiques dans tous les domaines liés à l’eau.

Je vous propose un retour rapide en images sur mon voyage de février 2012 au Bangladesh. J’y étais invité par Marc Van Peteghem et Jérémy Bertaud co-fondateurs de Watever pour découvrir leurs activités.

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Le Bangladesh (বাংলাদেশ) est situé entre l’Inde et la Birmanie. Indépendant depuis 1971 (après une guerre désastreuse), le pays a de nombreux handicaps, géographiques et politiques notamment, qui freinent son développement : la plupart du pays est situé à moins de 12 m au dessus du niveau de la mer (et même 10% en dessous).

Les nombreuses inondations, cyclones, la forte densité démographique, (1000hab/km2) et la faiblesse institutionnelle affectent lourdement le développement du pays.

C’est dans ce pays qu’Yves Marre débarque en 1994, avec une péniche convoyée (par la mer !) depuis la France afin d’en faire un bateau-hôpital flottant. Après divers projets, Yves décide de lancer un chantier naval : Taratari. Rejoint dans cette aventure par Marc Van Peteghem et Jérémy Bertaud, ils créent en 2011 une association, Watever, pour formaliser leurs actions de soutien aux populations littorales. Quelques mois plus tard, j’embarque dans l’aventure, par un premier voyage au Bangladesh.

Le but principal de ce voyage était pour moi de bien comprendre Watever en tant que structure : qui la compose, quelles sont les visions de chacun, sur quelles convictions les « associés » se retrouvent, quel est le but social (le problème ciblé), quel est le rôle de Watever, son modèle économique, sa vision…

Cela s’est progressivement éclairci. Surtout, la problématique m’est maintenant plus claire : le transport maritime est vital pour de nombreuses populations littorales, notamment au Bangladesh, il est incontournable pour se loger, se nourrir, s’éduquer, travailler. Or les populations locales n’ont pas accès à des bateaux adaptés, solides, sûrs, abordables. Ainsi des milliers de personnes, pêcheurs surtout, en souffrent (voire périssent) chaque année.

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Ainsi le but social de Watever est pertinent : il s’agit de permettre l’accès, pour le plus grand nombre, à des bateaux adaptés. Et les activités pour y parvenir sont cohérentes : développer à la fois des solutions techniques adaptées (fibre de jute, bambou), et des ateliers navals professionnels pour diffuser des techniques par le marché.

Ces réflexions stratégiques, longues discussions avec des gens passionnants car passionnés, s’illustraient parfaitement au contact des activités concrètes.

Dès mon arrivée je visitai le chantier naval Taratari. Dirigé par Yves Marre (cofondateur de Watever), il permet la construction de bateaux en composite fibre de verre / résine. Le chantier était en plein déménagement entre la banlieue de Dacca (Shavar) et Chittagong, cropped-IMG_0604.jpgl’occasion pour moi de voir un peu du pays, notamment les grandes plages où les vieilles carcasses flottantes (pétroliers, paquebots) viennent du monde entier s’échouer pour être déconstruites (dans des conditions sociales et environnementales désastreuses : voir à ce sujet le documentaire Iron Eaters). Autre point sombre sur le port de Chittagong, les 33 incidents liés à la piraterie durant les 3 premiers trimestre 2006 qui en ont fait le « port le plus dangereux au monde » par l’IMB (International Maritime Bureau). Chittagong est la ville du Bangladesh la plus proche de Cox’s Bazar, la plage naturelle la plus longue au monde, une des principales attractions touristiques du pays où les amis de Watever viennent tester leurs premiers surfs en fibre de jute.

 

C’est justement sur le jute que mon voyage s’est plus concentré. Le pôle Biomatériaux de Watever a lancé un projet de recherche sur cette fibre. Mené par Corentin de Chatelperron, le projet « Gold of Bengal » a pour but de remplacer la fibre de verre des composites actuels. Rappelons que le jute est une fibre végétale dont le Bangladesh est le premier producteur mondial, mais ce secteur (fortement artisanal et stratégique dans l’économie bangladaise) s’est effondré avec la montée en puissance des produits pétrochimiques (en particulier pour la fabrication de sacs).IMG_0231

En février 12, Corentin commençait la production  des premiers tissus 100% jute dans son labo artisanal, et préparait la réalisation d’un premier test d’infusion (un surf). Un an plus tard les progrès sont significatif, l’équipe de Gold of Bengal prépare un premier bateau 100% jute.

Outre le jute, l’équipe de Watever travaille maintenant également sur le bambou dans le cadre du pôle de recherche sur les biomatériaux. Cette dernière recherche est menée notamment par Gabriel Lerebours, porteur du projet Bamboo Boat.

La rencontre principale de ce voyage fut celle d’Alain Conan, le fort sympathique ex-capitaine du Rainbow Warrior 2. Nous avons profité de sa compagnie pour conclure le périple par une visite guidée son ancien bateau dans le port de Chittagong. Le 2 mâts est maintenant propriété de l’ONG Friendship qui le transforme en hôpital, dans la lignée des autres bateaux-hôpitaux dont Yves Marre était l’initiateur.

De retour du Bangladesh, la frustration est grande mais positive : si j’ai pu échanger quelques mots avec les ouvriers du chantier Taratari et du Rainbow warrior, ces quelques jours m’ont parus bien trop courts pour découvrir les populations locales pour lesquelles ces actions à vocation sociale sont destinées. Je ressens un manque, celui de mieux comprendre leurs modes de vies et donc leurs attentes pour m’assurer de la pertinence des solutions en cours d’élaboration. Mais ce manque se comble petit à petit : depuis ce voyage, j’ai rejoint le Conseil d’Administration de Watever, et l’équipe a depuis bien avancé sur l’analyse des besoins. Je tente maintenant de lui apporter d’humbles points de vues sur son modèle économique, pour faire grandir et aboutir cette aventure humaine passionnante.

Une certitude suite à ce voyage : cela fait un bien fou de voir des citoyens d’horizons, âges et origines si différentes, se réunir ensemble autour d’un projet innovant dont la vocation première est d’améliorer le quotidien de ceux qui en ont le plus besoin.

C’est un bel esprit de seatizens… pourvu qu’il en inspire d’autres !

Merci à toute l’équipe pour leur accueil chaleureux !

>>> SOUTENEZ CETTE INITIATIVE : cliquez ici

Voici aussi un schéma que j’ai produit en fév.12 sur le mode d’intervention vers lequel tend Watever :

Capture d’écran 2013-03-07 à 18.43.10

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Près du nouveau chantier Taratari – Chittagong 

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Avec Alexandra, Marc et Jérémy sur le bateau-maison de Corentin

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Transport de Bamboo à la voile – Shavar

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Livraison de jute à l’usine de transformation voisine de l’atelier Gold of Bengal et du chantier Taratari – Shavar

L’atelier artisanal de corentin et les premiers tests de tissu en fibre de Jute qui serviront de renfort au futur composite (tissu+résine) – à Shavar

Moule de surf prêt pour les premiers tests d’infusion sur tissu de Jute, avec C. de Chatelperon (à Shavar)

La belle blonde – fibre de jute (Shavar)

 

Un des premiers bateaux (un Sampan) en fibre de verre du chantier Taratari, dessiné par Marc (à Shavar)

Sampan traditionnel sur les rives de Chittagong

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Le bateau ambulance conçu par Marc et fabriqué par Taratari

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Des bateaux « Masdoris » produits par Taratari pour le transport d’écolier bangladais avec le soutien de l’UNICEF

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Le chantier naval Taratari déménage de Shavar vers Chittagong

Plage de déconstruction de bateaux – Chittagong – Bangladesh

Les nouveaux bâtiments du chantier Taratari à Chittagong

Les nouveaux bâtiments du chantier Taratari à Chittagong

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En haut d’une colline, sur une petite île face à Cox’s Bazar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On board ex Rainbow Warrior 2 with M. Van Peteghem, Y. Marre, Al. Conan, J. Bertaud, A. Sourbier, T. St Olive. (à Chittagong)

ex Rainbow Warrior 2 - Chittagong - fév 12

L’ex Rainbow Warrior 2 – Chittagong

Gigantesque bateau traditionnel en chantier – Chittagong

Marc et Yves devant des bateaux traditionnels de pêcheurs – sud Bangladesh

Les anciens radeaux de survie des bateaux (pétroliers, vraquiers, etc) qui se massent par centaines à Chittagong sont utilisés pour transporter la population. Ces embarcations sont dangereuses, le but du chantier Taratari est d’améliorer les conditions de transport d’une population pour qui le bateau est au centre des déplacements quotidien. 

Kerstin Forsberg : Planeta Oceano pour protéger l’environnement littoral et maritime péruvien

KERSTIN FORSBERG a fondé Planeta Océano au Pérou.

 

Through Ocean Planet, Kerstin Forsberg is educating and empowering coastal communities to sustainably manage their marine environment while also becoming primary players in developing comprehensive and mutually beneficial collaboration with other organizations, businesses, and governments that operate in the ocean ecosystem.

Voir vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=xntuQ7NZZPo

Kirsten a été élue « fellow » par l’organisation Ashoka en 2011

http://www.planetaoceano.org/index.htm

Proyecto Tortugas 1

Planeta Océano (Planet Ocean) is a non for profit organization that strongly works to conserve and restore coastal and marine environments, with special focus on Peru. We promote and develop research, environmental education & awareness and sustainable development initiatives; engaging stakeholder and community participation throughout all our efforts.

Pêche et développement, pour soutenir la pêche artisanale dans le monde

Peche&dev

(repris du site http://www.peche-dev.org/)

Le Collectif Pêche & Développement est une association loi 1901.

En 1986 s’établissent des contacts privilégiés entre les pêcheurs bretons et les pêcheurs sénégalais qui se transforment rapidement en un partenariat et aboutissent à la naissance du « Collectif d’appui au Comité National des Pêcheurs Sénégalais (CNPS) ».
Cette association a alors pour but de :
- Favoriser les actions entreprises par le CNPS sur le plan local, national, européen et mondial ;
- Mettre en valeur le travail des femmes qui interviennent dans le secteur de la commercialisation et de la transformation.

Cette expérience est concluante mais après quelques années, face à l’évolution mondiale du secteur maritime et à l’internationalisation du secteur de la pêche, le Collectif d’appui au CNPS ressent le besoin d’élargir son champ d’action à l’ensemble des pêcheurs artisans. Naît alors en 1996 le Collectif Pêche & Développement.

Son but est de promouvoir un développement solidaire et durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture :

- En favorisant les partenariats entre les hommes et femmes du milieu maritime au Nord comme au Sud ;
- En initiant des lieux de débat et un réseau d’information sur les politiques des pêches et de l’aquaculture ;
- En facilitant la présence et l’expression des organisations professionnelles partout où se joue leur avenir, en particulier au niveau international ;
- En accompagnant la mise en oeuvre de projets de développement permettant d’améliorer les conditions de vie et de travail du milieu maritime.

Les objectifs s’articulent sur l’animation et le renforcement des réseaux dans trois domaines :

- Les relations internationales : favoriser les relations entre les pêcheurs du Nord et les pêcheurs du Sud ;
- Les relations entre professionnels européens : soutenir la participation, l’implication des professionnels dans la définition, l’application des accords de pêche et de la Politique Commune de la Pêche ;
- Contribuer à la réflexion sur la place et le rôle des femmes dans le secteur halieutique.

Ethiopie – Un projet de barrage controversé sur la rivière Omo

Ethiopia: The mud-coloured Omo River which snakes through green gorges, feeding lush vegetation and providing vital water to one of Ethiopia’s most remote regions, will also power a contentious dam project.

The government says the Gibe III dam will boost development, give access to power for many Ethiopians – about half of the population – currently living without it, and generate revenue from the export of electricity to the region.

But with construction under way for Africa’s highest dam at 243 metres (nearly 800 feet), critics say Ethiopia must also consider the environmental and social impact it will have on some 500,000 people living downstream and at Lake Turkana in neighbouring Kenya. Their livelihoods rely on the river.

“If they’re going to build this huge hydro-power dam than it should be done in a way that benefits the people who are most affected,” said David Turton, a senior research fellow at Oxford University’s African Studies Centre.

The Omo River is over 700 kilometers (430 miles) long and supplies Lake Turkana with 80 percent of its water. It is a source of annual flooding for the agro-pastoralists living in the South Omo valley, a Unescp World Heritage Site.

The completion of the dam in 2014, which will have a capacity of 1,870 megawatts, will regulate the river’s flow and, according to the Ethiopian Electric Power Corporation (EEPCo), offer a predictable water source for communities living along the river south of the dam.

Agro-pastoralists in Omo’s valley have traditionally relied on flood-retreat agriculture for cultivation and animal grazing.

“Before, the wet season was two months, or maximum three months, then there was nine months of drought, now for 12 months there will be a regulated flow for all the downstream users,” said EEPCo chief executive Mirhet Debebe.

What happens to the people?

The centuries-old flood-retreat agriculture practised by the downstream tribes is a cultural mainstay of the Bodi, Mursi and Nyangatom tribes, famed for their lip-plate and body painting customs.

But Azeb Aznake, Gibe III project manager at EEPCo, has said artificial flooding would be created annually “so that their practice is not interrupted.”

She said the regular river flow would provide irrigation for small-scale cultivators downstream, and denied that the Gibe III dam would feed irrigation channels to nearby foreign-owned plantations, as some groups have charged.

“The purpose of the dam is for hydroelectric power, and nothing more,” the power company executive said.

Most of the $1.8 billion (1.5 billion euro) cost of the project – the third in a series of five dams planned along the Omo River – will be covered by EEPCo, with a Chinese firm bankrolling the $400 million electromechanical costs.

The dam has been mired in controversy from the project’s inception and the “Stop Gibe 3” online petition has collected over 18,000 signatures.

EEPCo’s Azeb admitted that any project of this magnitude is bound to have an impact on local communities and ecosystems, but said the overall benefits were too great to ignore.

“Water is our major resource…. We have to make use of it and develop, we have to eat three times a day like any human being, so there has to be compromise,” she said.

Power generated by the dam will be sold to neighbouring Djibouti – which is already receiving Ethiopian power – as well as Kenya, Sudan and Somaliland, providing a major source of income, CEO Mihret said.

For Frederic Mousseau, policy director at the US-based think tank Oakland Institute, which is opposed to the dam’s construction, the benefits are not widespread enough.

There must be concern for social justice

“It’s really about who benefits and what benefits…. At the macro level you might have increased exports, economic growth, but what about human development, what happens to the people?” he said in a phone interview from California.

He urged the Ethiopian government to halt the dam’s construction “so investment could go towards infrastructure that could really benefit the people.” Some nearby residents welcome the job opportunities that have accompanied the dam’s constructions. Over 4,000 Ethiopians have been hired to help build Gibe III, which was started in 2006 and is over 50 per cent complete.

“It is good for our development and the area’s development (because) we get more employment,” said Mengistu Mara, 26, a student in Lala town about 30 kilometres away from Gibe III.

His brother who works as a crane operator at the dam pays Mengistu’s school fees at the local high school, built in 2009 by the dam’s contractors.

“I’m learning now because my brother is bringing me money,” he said, standing in front of the school built near the village’s newly paved road.

Lala resident Desalegn Barata, 41, also welcomed the job creation, but said that even with the construction site next door his community still has no clinic.

“There is no clinic or hospital and there are many diseases here,” he said, swatting at the flies swarming around him in the midday heat.
For analyst Turton, the government should prioritise social justice as the project moves ahead, saying it is possible to balance the benefits with the potential impact.

“This is often presented as a choice between development and what we sometimes call cultural preservation, it’s presented as sometimes you can’t make an omelette without breaking eggs,” he said, adding that he is not opposed to the construction of Gibe III.
“But it should be done in a way that shows a concern for social justice.”

http://dawn.com/2012/06/08/africas-highest-dam-opens-flood-of-debate/

ICOSI – coopératives de pêche au Maroc

Paris – fév.12

Invité à la table ronde n°5 des Assises de la coopération internationale (grande concertation du ministère français du développement), j’ai eu la chance de découvrir un représentant de l’ICOSI présentant son projet d’accompagnement de la filière de pêche coopérative au Maroc.

Cette table ronde était tout à fait passionante, traitant des innovations pour le développement et des liens avec l’économie sociale et solidaire.

Idée : utiliser le marché pour servir le BOP (bottom of Pyramid = base de la pyramide des revenus = en gros les 4 milliards de personnes les plus pauvres au monde), avec la notion de business inclusif : les populations sont au cœur de la solution, du marché en tant que fournisseur et producteurs.

3 objectifs principaux :

1-    mettre en valeur des projets innovants

2-    identifier des points de blocage

3-    définir les solutions pour les dépasser

De nombreux intervenants ont pu présenter leurs projets et innovations, du projet d’ONG devenant entreprise sociale à Madagascar (Nutrizaza) à Danone impliqué dans le Social Business avec Yunus.

Mais il m’a semblé plus intéressant ici de partager l’intervention de l’ICOSI – Association créée par et avec le mouvement syndical international.

Le groupement a mené un projet de développement de coopératives de pêche au Maroc – à l’appel des autorités nationales pour résoudre problématique : 50% des pêcheurs sont des artisans artisans (soient 50 000 personnes au Maroc, utilisant des barques 7m à 3 sur bateau), mais sont dans l’incapacité de vivre dignement de leur activités. En effet ces activités sont souvent préfinancées par les mareyeurs, donc sans possibilité de fixer le prix en accord avec le marché (final). L’état cherchait donc à favoriser l’artisanat par coopérative pour autonomiser les pêcheur, or sur 200 points de pêches, seules 15 coopératives avaient été créés au démarrage du projet dans les années 2000. L’ICOSI a donc été mobilisée pour accompagner l’état Marocain afin de renforcer la création de nouvelles coopératives.

Ce projet s’est terminé par la première rencontre euro-méditerranéennes des coopératives maritimes de pêche. Il semble se poursuivre sur un axe d’insertion des jeunes dans les activités côtières.

Le représentant de l’ICOSI estimait lors de ces Assises du développement dommage que les fonds aient manqué pour poursuivre le projet (co-financement européen notamment).

Ce projet semblait en effet bien pertinent, on en parlait déjà en 2010 sur l’ancien blog de SEAtizens, mais je manque d’éléments sur son efficacité, sa pérennité et ses suites.

Voir quelques infos :

http://www.icosi.org/L-ICOSI-et-la-Cooperation-Maritime.html

http://www.icosi.org/IMG/pdf/depliant.REMCP.pdf

On en parlait déjà sur le précédent blog SEAtizens en 2010 :

http://sbz.blogs.letelegramme.com/archive/2010/05/19/l-icosi-pour-la-peche-au-maroc.html

L’architecture navale vernaculaire performante : les pirogues polynésiennes

Vu sur Voiles & Voiliers, cet article présente comment les populations polynésiennes concevaient il y a plusieurs siècles de bijoux d’architecture navale.

L’incroyable histoire du catamaran, depuis les origines polynésiennes jusqu’aux AC72 de l’America. Premier volet : les pirogues océaniennes. Des bijoux de souplesse et de légèreté qui naviguaient vite et loin !

http://www.voilesetvoiliers.com/cultures-voiles/l-histoire-du-catamaran-des-pirogues-aux-ac72-1-pirogues-oceaniennes-legeres-souples-inventives-/

Photo/plans Lechevalier vu sur Voiles & Voiliers