« Yves Marre, Navigateur Solidaire » en librairie

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En cette fin janvier 1994, ils sont deux à bord d’une péniche fluviale «récupérée» grâce à Michel Rocard. Leur objectif ? Convoyer le bateau depuis Port-Saint-Louis-du-Rhône jusqu’au Bangladesh afin de le transformer en hôpital flottant pour les populations les plus défavorisées des rives du plus grand delta de la planète. Trois mois et demi plus tard, après avoir affronté les tempêtes hivernales de la Méditerranée, être entré «en douce » dans le canal de Suez, avoir franchi l’Océan Indien fidèlement guidée par Météo France et remonté le golfe du Bengale en repoussant cyclones et administrations tatillonnes, la péniche « Flèche d’Or » rebaptisée « Friendship » atteint enfin son but.

Depuis 2001, la péniche accueille chaque année, pour les soigner, de 30 à 40 000 personnes.

 

Bangladesh ! Watever from Romain Claris on Vimeo.

Navigateur solidaire : l’histoire d’un homme qui va au bout de ses rêves et reste fidèle à son engagement de jeunesse, « faire ce que doit ».

Un livre pour donner envie de se lancer à son tour dans la construction de sa vie, telle qu’on l’avait imaginée, il n’y a pas si longtemps.

Nous restons à votre disposition pour des informations complémentaires et pour organiser des rencontres avec Yves Marre.

En pièce jointe, retrouvez dans le communiqué de presse : la préface d’Erik Orsenna, les bonnes feuilles et les informations éditoriales.

Enfin, retrouvez sur le Facebook de l’association Watever toutes les informations relatives à cet événement (lancement du livre, séances de dédicaces, évènements médiatiques, …).

www.yvesmarre.com

Ce qu’en dit Erik Orsenna de l’Académie française :

 » Il était une fois une belle idée folle.

Il était une fois un homme assez fou pour concevoir cette belle idée folle. Et assez sage pour, contre vents et marées, donner réalité à cette belle idée folle.

Il était une fois Yves Marre, navigateur et steward d’Air France. A quarante-quatre ans, il décide de changer sa vie pour la mettre au service des autres.

(…) Il était une fois une péniche française à l’autre bout de la Terre.

Il était une fois un être humain plus humain que la plupart des êtres humains qu’il m’a été donné de rencontrer sur cette Terre.

Antoine Horellou, portrait du fondateur de SEAtizens

Qui suis-je ?

Je m’appelle Antoine Horellou, je suis passionné par l’innovation sociale citoyenne que je traduis par « des citoyens trouvent et développent des solutions innovantes et efficaces pour relever les défis sociaux, environnementaux, économiques de l’humanité ».

En 2006 j’ai lancé SEAtizens, un réseau informel d’entrepreneurs sociaux maritimes dont le but est de sensibiliser le grand public à la possibilité d’entreprendre avec de l’impact social et environnemental positif, sur le littoral ou en mer.

En 2014 je crée créé BOPS.io pour mettre en oeuvre des solutions d’accès aux besoins de base (logement, énergie) des populations au Bas de la Pyramide (BOP) des revenus.

L’histoire qui m’a amenée à l’innovation sociale

A 20 ans, en 2004 et 2005, je suis parti quelques semaines au Niger, à Maradi, pour aider une petite ONG locale à construire une école pour les enfants sourds de la ville.
Comme la plupart des jeunes occidentaux, j’étais alors au courant des défis sociaux, environnementaux, économiques dramatiques auxquels l’humanité faisait face, mais pas au point de changer ma vie. Je n’imaginais pas que la vue d’un de ces drames (ici la malnutrition infantile) me bouleverserait autant, et je n’imaginais pas plus que je pourrai avoir le moindre rôle à jouer dans de tels drames…

antoine

Sensibilisation sur la situation des enfants sourds. Radio locale, Région de Maradi, Niger, 2004

C’est en rentrant du Niger que j’ai trouvé des pistes, en rencontrant des gens particulièrement intéressants. Guy Pourcet, Philippe Hugon, et les autres intervenants du master DET de Nanterre m’ont donné des bases décloisonnées (économiques, sociologiques, démographiques, ethnologiques, etc) pour mieux appréhender le défi du développement économique des pays les plus pauvres. D’autres rencontres et lectures (Drayton, Baratier, Halevy, Rifkin puis Duflo) m’ont permis de mieux comprendre les défis sociétaux et le rôle des entrepreneurs pour les relever. Enfin, des entrepreneurs sociaux (notamment ceux du réseau Ashoka) m’ont prouvé que chacun pouvait apporter des solutions pertinentes, efficaces et à fort potentiel pour résoudre des défis sociétaux à grande échelle. Cet ensemble m’a inspiré et convaincu de m’impliquer pour l’innovation sociale.

En 2006, j’ai donc décidé de concentrer mon énergie sur le changement d’échelle des innovations sociales : comment – après avoir fait preuve de son concept – une innovation (technologique ou méthodologique à fort impact social), peut être diffusée rapidement à grande échelle ?

Mon expérience dans l’innovation sociale 

Début 2007, après un passage chez Ashoka (le principal réseau mondial d’entrepreneurs sociaux innovants), j’ai rejoint Thomas Granier et l’Association la Voûte Nubienne (AVN) que j’ai co-dirigée jusqu’en 2014. Nous travaillons maintenant ensemble dans le cadre de BOPS pour permettre aux populations d’Afrique sahélienne d’accéder de manière pérenne à un habitat de qualité et à un métier rémunérateur en développant le marché de la construction en « Voûte Nubienne »

Antoine avec les macons nubiens

Avec des maçons « nubiens ». Ouagadougou, Burkina Faso, 2008.

Je soutiens aussi d’autres innovations comme par exemple Watever.org (pour l’accès à des solutions flottantes pour les populations littorales démunies), et aussi le lancement d’une filière permettant l’accès à l’éclairage solaire pour le plus grand nombre en Afrique avec le groupe Chabanne et CB Energie.

J’ai aussi appuyé le lancement d’une innovation monétaire : le CompteEpargneCO2.com qui a créé le « Climate Coin », première monnaie numérique dédiée au changement climatique.

Méthodologies et compétences 

Outre les méthodologies de terrain permettant de renforcer les capacités des entrepreneurs locaux, je travaille sur les innovations financières permettant de booster l’innovation sociale : j’étudie depuis 2008 l’émergence de l’impact investing, les questions de « retour sur investissement social » (Social Return on Invesment – SROI), de « financements basés sur les résultats » (Result-based fundings).

Enfin, je travaille sur l’institutionnalisation des solutions : comment permettre aux autorités locales et à l’ensemble de la chaine de valeur de s’approprier ces sujets d’intérêt général.

Mes « sujets » sont :

« Market-Based Approaches » (MBAs – diffuser des solutions innovantes au bénéfice de tous par les mécanismes de marché); Bottom of pyramid (BOP) ; impact investing ; Result-based Funding ; Jugaad ; CO2 ; carbone ; entrepreneuriat social ; innovation sociale ; impact social, développement durable, sustainability, responsabilité sociale – RSE, engagement citoyen, bottom of pyramid – BOP ; chaine de valeur : business inclusif ; institutionnalisation ; business planning ; analyse de marché ; habitat ; formation

Awards et distinctions

J’ai aidé AVN à recevoir les distinctions suivantes : Tech Awards of Innovation 2007, Entrepreneur Social de l’année au World Economic Forum (Schwab Foundation) 2012, World Bank Development Marketplace best adaptation to climate change 2009, Dubai/UN-Habitat Best south-south technology transfer 2012, World Habitat Awards 2009.


Antoine Horellou

me contacter : antoine.horellou(a)seatizens.org + retrouvez-moi sur LinkedIn

Ecotaxe et emploi, bonnet rouge et rouge bonnet

Emploi et environnement, c’est bonnet rouge et rouge bonnet…Demain, grande manif pour l’emploi et contre l’écotaxe place de la résistance à Quimper.

Pourquoi ça grogne ?

Pour l’emploi : un territoire sans emploi c’est un territoire mort d’où le « La Bretagne se meurt ». Or l’emploi c’est des entreprises, et si les entreprises croulent sous trop de taxes et de charges, alors elles finissent pas couler.

L’ecotaxe n’est qu’une goutte d’eau, et la Bretagne n’est qu’une partie visible d’un iceberg de colère qui ne fait que grandir en France et qui trouve ses racines dans la difficile problématique de l’intégration d’une économie locale dans l’économie internationale.

Il s’agit d’abord d’un défi économique classique.

Avec l’ouverture des marchés européens, négociée dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, l’agriculture (et la pêche) bretonne axée sur le volume et les faibles marges s’est trouvée confrontée à la concurrence des autres pays. Des distorsions de concurrence sont apparues entre la France et des pays comme l’Allemagne, qui ont recours dans leurs abattoirs à la main-d’œuvre roumaine ou polonaise payée au salaire de leur pays d’origine. Quant aux « restitutions », elles ont commencé à baisser, et l’Union européenne a voté leur disparition à terme.

=> A cela s’ajoute la fluctuation du prix des matières premières agricoles, de plus en plus spéculatives. Or, l’élevage breton importe une bonne part de la ration, en particulier le soja, devenu plus coûteux au fil des ans
=> Le développement de la grande distribution, qui pèse inexorablement sur les prix et les marges de ses fournisseurs, a aussi contribué à mettre le secteur sous tension.

Mais : à la fin c’est l’Allemagne (et les libéraux) qui gagnent…

Puis, petit à petit, le défi environnemental (aux incidences économiques) s’est posé. Le secteur est responsable de rejets polluants, via son système de production (surtout pour l’élevage) et de transport, qui conduisent à des mesures (étatiques) punitives aux incidences économiques – et donc sociales- importantes, et nous y voilà donc : le mouvement de contestation breton s’est cristallisé sur le rejet de l’écotaxe, devenue un symbole du « pouvoir jacobin ».

Or qu’il s’agisse de préserver l’emploi local ou l’environnement, il y a pourtant des alternatives qui ne soient ni par la seule taxe, ni par la seule autorégulation du marché.

Shipping, World Trade and the Reduction of CO2 Emissions

Pour l’environnement, on parle ici de taxe dont la motivation (fort légitime) est de lutter à la fois contre le changement climatique (dont les incidences économiques seront catastrophique si rien n’est fait), et la dépendance énergétique : on taxe les camions pour financer le train et le fluvial-maritime moins polluants et sensés être aussi moins coûteux.

Mais on pouvait penser par exemple à une combinaison entre taxes d’un côté et permis d’émission d’un autre (et donc marché du carbone). C’est ce que le gouvernement français en janvier 2000 : instituer une écotaxe certes (la taxe a ses vertus dans certains cas), mais dont seraient exemptées les entreprises fortement consommatrice, à condition qu’elles entrent dans un système restreint de permis. Invalidé par le conseil constitutionnel en décembre 2000, ce système hybride avait le mérite de permettre la convergence des coûts marginaux dans le secteur où ils sont élevés, et de préserver la concurrentialité de l’économie française…

Et des systèmes de compensation carbone (plus incitatives que la taxe) existent, à commencer notamment par le Compte Epargne CO2, le premier système de compensation LOCAL d’émission, et dont justement le lancement est bientôt prévu en Bretagne fin 2013… je vous en reparlerai.

Pour les données comparatives entre les modes de transport, voir => http://www.shippingandco2.org/index.htm