Pierre Pringiers – un seatizen au SriLanka

Pierre Pringiers vit au Sri Lanka depuis plus de trois décennies. Il est le fondateur du Groupe Solideal Loadstar et est actuellement Chairman de Camso Loadstar (Pvt) Ltd. Leader mondial du pneu pour machines industrielles, le groupe emploie 5500 personnes au Sri Lanka et 2200 dans le monde. Depuis 1999, il est Consul Honoraire de Belgique au Sri Lanka.

Suite au tsunami survenu le 26 décembre 2004, il co-fonde un vaste programme de réhabilitation, le Solideal Loadstar Rehabilitation Trust, qui apporte une aide directe à plus de 15 000 bénéficiaires.pierre-pringiers-sur-lun-de-ses-bateaux-de-croisiere-fabriques-dans-les-chantiers-de-la-fondation

En 2006, il crée la Fondation Building A Future qui fournit une formation à des jeunes Sri Lankais défavorisés dans des métiers qui ont un potentiel de développement économique dans le pays. La Fondation Building A Future est à l’initiative de la création de plusieurs sociétés dont le chantier naval BAFF Polymech (Pvt) Ltd et la société de chartering Sail Lanka Charter.

La Fondation est pionnière de l’observation des baleines à Mirissa par la création du social business Mirissa Water Sports. Elle a également mis en place une école de voile gratuite pour les filles et fils de pêcheurs.

Par ailleurs, la Fondation développe des bateaux de pêches innovants en réintroduisant la voile pour une pêche plus durable et concentre ses recherches sur la production de bateaux en éléments bio-composite.

BAFF collabore également avec watever sur des projets biocomposite et société de sauvetage au Bangladesh.

Plusieurs émissions intéressantes :

http://www.franceinter.fr/emission-ailleurs-un-belge-pionnier-de-la-voile-au-sri-lanka

Alasdair Harris – Blue Venture, des approches basée sur le marché pour la conservation marine

Ecologiste maritime avec une obsession pour les coraux, Al a passé plus d’une décennie à développer des initiatives de conservation dans l’océan indien et mené sa première expédition de recherche à Madagascar en 2001.

Avec Blue Venture, Al est responsable de la coordination des activités de recherche et de préservation, à la tête d’une équipe internationale de scientifiques, éducateurs et professionnels de la préservation.

Son travail se concentre sur le développement de solutions à fort potentiel de changement d’échelle pour répondre aux défis environnementaux maritimes, en particulier par l’amorçage d’approches basées sur le marché qui donne aux communautés littorales un sens économique à la préservation maritime.

A marine ecologist with an unhealthy obsession for corals, Al has spent the past decade developing conservation initiatives in the Indian Ocean, and led his first marine research expedition to Madagascar in 2001. Within Blue Ventures Al is responsible for coordinating conservation and research activities, leading an interdisciplinary and international team of scientists, educators and conservation practitioners. His work focuses on developing scalable solutions to marine environmental challenges, in particular pioneering market-based approaches that make marine conservation make economic sense to coastal communities.

Alongside his work with Blue Ventures Al is a visiting post-doctoral researcher at the University of Oxford’s Environmental Change Institute, a member of the World Commission on Protected Areas, a member of the Marine Stewardship Council’s Stakeholder Council, and a technical advisor to the United Nations Environment Programme’s Convention on Migratory Species Secretariat.

Fisherman

Al is recipient of the IUCN World Conservation Union’s Young Conservationist Award, winner of the Condé Nast Environment Award, an Ashoka Fellow, and a passionate ambassador of Australia’s penguins. His work developing sustainable business approaches for financing conservation has twice been commended by the UK Chancellor in the ‘Enterprising Young Brits’ awards, and was highly commended by HRH the Duke of Cambridge in the 2013 inaugural Tusk Conservation Awards. Blue Ventures’ Alasdair Harris at 2013 WWF Fuller Symposium from Buckminster Fuller Institute on Vimeo.

Guillaume et Diana, la marine marchande à voile par TOWT

TOWT-10002597Guillaume et Diana co-dirigent TOWT, un organisme de promotion du transport de marchandises à la voile permettant de diminuer considérablement l’impact écologique du transport. Towt propose un label et une boutique en ligne, ainsi qu’une cartographie des distributeurs de produits labelisés.

 

Le transports maritimes est le principal mode de transport de marchandises dans le monde en volumes. Porte-conteneurs, pétroliers, vraquiers, chimiquiers et autres cargo divers sont écologiquement moins impactants que l’avion ou la route par tonne de marchandise, mais représentent tout de même plus d’un milliard de tonnes de CO2e émises chaque année soit près de 4,5% du total des émissions. L’OMI (Organisation Maritime Internationale) estime qu’en 2020, les émissions de CO2 du secteur maritime auront augmenté de 30% pour atteindre 1475 milliard de kilos annuelles

20131127_towt-oignon de roscoffFace à ce constat Guillaume Le Grand et Diana Mesa ont créé TOWT pour « Trans Océanic Wind Transport ». Beaucoup en rêvaient et ils l’ont fait : proposer une solution véritablement écologique pour transporter des marchandises qui peuvent venir de loin (vin, thé, …).

TOWT se positionne à la fois comme un label qui « promeut le transport de marchandises à la voile en travaillant avec des voiliers particulièrement adaptés à cette activité » et comme une boutique en ligne.

Un documentaire sur le transport à voile et la transition écologique du transport maritime est disponible ici :

http://www.towt.eu/

Cesar Harada, des voiliers-drones pour nettoyer les océans

C’est dans le dernier Socialter que j’entends parler pour la première fois de Protei, un « drone marin en open-source ».Oslo_Cesar_size1024-original

Protei, l’histoire typique de l’inventeur génial dans son garage

L’histoire devient assez typique dans la « nouvelle économie » : suite à un évènement personnel déclencheur (rencontre de pêcheurs dans le golfe du Mexique pendant la marée noire de BP en 2010), un jeune ingénieur très intelligent et un peu fou (César Harada, MIT) trouve dans son garage une idée géniale (ici Protei, un petit voilier-robot à la carène ondulante) pour résoudre un problème environnemental de grande ampleur (nettoyer la surface des océans des pollutions diverses), le tout en open-hardware (comprenez technologie libre) permettant qu’une communauté internationale s’en empare pour améliorer ensemble ce truc génial.

protei oil

En tant que voileux intrigué depuis longtemps par l’innovation sociale je dis :

« Wow, I’m in ! ».

Beyond Petroleum

A 31 ans, Harada dirige Scoutbots, la boîte qu’il a créée à Hong-Kong pour bosser sur cette innovation opensource, animer une sympathique communauté internationale de citoyens visant au développement des Protei, et vendre des Protei déjà assemblés aux moins bricoleurs de la communauté.

Il a levé environ 30k$ pour les premiers prototypes, développés au départ aux Pays-Bas, puis par la communauté aux US, Australie, etc.

Le concept n’est encore qu’en phase prototype, le chemin est long, mais on voit déjà sur son site et dans les conférences la référence à d’autres projets : construire un bateau de 6m pour aller vite, des petits modèles réduits pour les enfants, des utilisations pour du repérage de radioactivité (le gars a tout de même été à 1km de Fukushima, j’ai bien dit qu’il était un peu fou !), etc.

Toutes ces nouvelles idées sont passionnantes, je suis passionné, mais…

Dépasser le « wow » effect

buzzJe me méfie en général des articles qui me vendent « Machin qui a trouvé la solution à la destruction de l’humanité ».  La plupart des médias chassent LA story-telling à « buzz ». Et quoi de mieux qu’un jeune geek type dans son garage, tel un Harada ou un Boyan Slat qui vont « nettoyer tous les océans » ? Ok, cela fait parler du truc, mais la popularité est-elle gage de réussite ? Le risque c’est que des shots de popularité (tout comme les shots de crowdfunding « coup de coeur »), qui se concentrent sur le concept initial et pas sur son développement, fassent dévier les jeunes inventeurs de leur ambition finale (construire des solutions qui vont réellement résoudre les problèmes identifiés). L’autre risque, c’est que les citoyens se disent « la solution est trouvée, c’est cool, j’ai rien à faire ».

Donc l’entrepreneur ET le lecteur doivent faire attention à cela : ne pas « zapper » trop vite, prendre le temps de l’analyse de fond, et surtout faire le choix (donc des renoncements) de s’impliquer ou pas à fond sur le cap fixé. A force d’être shooté aux petites vagues qui font aller vite, on surfe sur les vagues mais elles n’amènent pas toutes à bon port.

Tuer le Yakafokon

makesensePour autant, l’article de Socialter sur Protei n’est pas dans cette veine, il n’est pas spécialement élogieux et il fait un appel concret à l’implication de la communauté en particulier via un défi Makesense, dans l’idée de mobiliser du monde.

J’espère juste qu’un maximum de participants rejoindront le défi, pas uniquement pour balancer des bonnes idées et aller bosser chez Shell ou Trafigura, mais pour s’impliquer vraiment à fond(s) dans le projet pour le mettre en place au delà de la recherche technique.

Comment tuer le yakafokon : just do it !

Beyond Prototyping

imagesL’objet final de Protei, si j’ai bien compris, c’est donc rien de moins que de nettoyer les surfaces des océans (des plastiques, des hydrocarbures etc) : des millions de km2 à couvrir ! Sans parler des fleuves, des lacs pollués. Une telle cause nécessite de trouver des solutions techniques fiables puis surtout de les diffuser.

Rien que pour la solution technique, il va donc falloir mobiliser, animer une communauté regroupant des compétences d’archi navals, d’ingénieurs, en commençant déjà par tous ceux qui bossent sur le sujet technique depuis belle lurette pour arriver à un prototype puis à un test-pilote qui prouve le concept (et d’ailleurs why not bosser avec Boyan Slat, avec le CEDRE, avec nos amis de Watever).

Il faut donc s’en occuper, y consacrer du temps, car l’idée que la communauté va s’auto-créer et s’auto-réguler est peu réaliste.

Puis surtout, il va falloir des entrepreneurs sociaux, économistes du développement, marketeux, pour assurer – si la solution technique est validée – une dissémination/appropriation à grande échelle permettant in fine le déploiement sur les zones qui le nécessitent.

Car une idée comme Protei ne se transformera en véritable innovation sociale qu’à partir du moment où elle aura réellement démontré sa capacité à résoudre une partie du problème visé.

Alors avec tout cela, se lancer sur d’autres projets « en attendant », est-ce la bonne stratégie ?

Révéler le génie créateur… et développeur

C’est le propre de l’homme que d’être un découvreur-chercheur-inventeur : le feu, la roue, la voile, etc.

L’homme a pourtant déjà trouvé les solutions techniques à ses besoins basiques dans les domaines de l’eau, santé, éducation, habitat, etc. Ce qui manque maintenant, c’est de trouver des gens capables (et volontaires) pour pousser ces solutions jusqu’à une réelle appropriation endogène (par le marché) qui en assure la diffusion à grande échelle. Manque de financement ? Manque de volonté politique ? Je crois surtout que c’est un manque d’intérêt des porteurs : trouver une solution technique c’est super sympa et relativement rapide (quelques années en général), mais pour la diffuser à grande échelle il faut du temps, et cela nécessite souvent de passer du labo à des trucs moins funky comme la « relation client », voire – quelle horreur – à quelques parquets parfois feutrés pour trouver des partenaires, négocier, argumenter sur une idée qui est pourtant – évidemment – la meilleure du monde. C’est pénible, contraignant, mais incontournable.

Il y a je crois un équilibre à trouver entre ce qu’on veut faire, ce qui nous passionne, et ce qu’on doit faire, parfois contraignant…

N’est-ce pas Léonard de Vinci qui disait « toute contrainte m’est grâce » ?

Lab R.E.V. – des alternatives économiques et écologiques pour le nautisme

Des étudiants en archi navale et ingénieurs (pas d’économistes ?) ont lancé Lab R.E.V, une initiative pour développer des solutions éco-conçues pour le nautisme.Taquets biosourcés

Ils ont déjà réalisé des taquets biosourcés et s’apprêtent à tester leurs prototypes sur un trip ouest-européen à la voile.

Créé par des étudiants en architecture navale et des ingénieurs, le Lab-R.E.V vise à porter ses propres projets, à promouvoir et aider des projets extérieurs dont les intérêts convergent autour de valeurs communes :

  • Re-fit (réhabilitation/ up-cycling) Donner une nouvelle vie / remettre en état les objets vétustes.
  • Eco : Recherche de nouveaux moyens les plus écologiques et économiques possible.
  • Voile : Choix d’un milieu extrême pour nos expériences, autour d’une passion commune.

Objectif :

Les objectifs sont de fabriquer des prototypes, de les tester en labo puis sur l’eau, et qu’ils puissent venir remplacer des objets standards de la plaisance, pour un coût et une émission carbone minimisés (par exemple taquets coinceurs, éoliennes, hydrogénérateurs).

http://lab-rev.org/

Thierry Leques et David Beaulieu, revalorisation sociale des poches à huîtres

ThierryLeques

Echo Mer et la Navicule Bleue ont lancé un projet ensemble pour revaloriser les anciennes poches à huîtres.

La Navicule Bleue et Echo Mer sont 2 entreprises sociales innovantes, et c’est pourquoi je tâche d’en parler régulièrement sur ce blog.

La Navicule Bleue est une entreprise sociale qui produit des huîtres en impliquant des personnes handicapées, dirigée par le très sympathique Thierry Leques à Marennes-Oléron. Echo Mer quant à elle travaille depuis plusieurs années sur la protection de la mer en général, avec notamment la revalorisation des anciennes voiles. Echo Mer est dirigée par David Beaulieu à La Rochelle.

Voici le topo de ce nouveau projet :

Que faire des poches à huitres en plastique qui ne sont plus utilisables pour l’élevage des huitres? Il y en a des milliers entassées dans les bassins ostréicoles qui pourrissent et polluent l’environnement.  Pour y remédier, Echo-Mer, recherche des solutions et des partenaires pour les recycler en les transformant en divers objets utilisés dans la vie quotidienne comme par exemple des corbeilles à papier, des paniers à provision, des supports pour paillage dans les jardins, toitures végétales

Revalorisation des poches à huitres par l’association ECHO MER et l’association Navicule Bleue.

Voir la vidéo de présentation

Voir le site Echo Mer

Voir le site Navicule Bleue

Claire Nouvian – Bloom et la pêche en eaux profondes

Claire Nouvian

Claire Nouvian a créé l’association Bloom, dont l’objet est de sensibiliser à la protection des écosystèmes marins, principalement des grands fonds océaniques et des espèces menacées.

Bloom devient incontournable dans le paysage de l’économie maritime.

En 2006, l’association gagne en visibilité grâce au livre et à l’exposition Abysses publié et montée par la fondatrice et directrice de BLOOM Claire Nouvian, le livre est traduit en 10 langues, primé 4 fois et vendu à 150 000 exemplaires. En parallèle, l’exposition compte plus d’un million de visiteurs et continue son itinérance. En 2009, l’association ouvre un bureau à Hong-Kong. Le champ d’action de BLOOM en Asie se centre sur les requins en remplissant une action d’éducation des enfants et du public en partenariat avec les acteurs locaux. À partir de 2012, BLOOM gagne en importance grâce à ses succès contre la Scâpeche du groupe Intermarché qui pratique la pêche en eaux profondes à l’aide de chaluts de fonds.

BLOOM est la cible de critiques de la part de l’association « BLUE FISH » qui se définit comme une association de professionnels, d’élus et de scientifiques qui souhaitent faire contrepoids aux idées environnementalistes. Ce regroupement fait du lobbying auprès des instances européennes à Bruxelles. Elle tient à démontrer que la pêche en eaux profondes est « devenue durable » et « qu’il n’y a pas de surpêche les quotas n’étant pas atteints » .

Pour autant…

L’océan profond représente à lui seul 98% de l’espace dans lequel la vie peut se développer sur terre. Le milieu profond est très mal connu de la science et quasiment inexploré. Les espèces des pêches profondes sont, pour la plupart, caractérisées par une faible résilience et une grande vulnérabilité du fait de leur croissance très lente, de leur maturité tardive voire très tardive et de leur faible taux de fécondité. Par ailleurs, la plupart de ces espèces ont une grande longévité (souvent supérieure à 100 ans). Les pêches en eaux profondes se réalisent majoritairement avec des chaluts profonds, c’est-à-dire des filets de pêche lestés qui raclent le fond des océans jusqu’à200 mètres de profondeur. Moins de 300 bateaux à travers le monde participent à cette pêche et celle-ci représente seulement 1% de la pêche en Atlantique Nord-Est, tout en ayant un impact lourd sur l’écosystème marin. D’ailleurs, en 2004, 1136 chercheurs ont signé une pétition demandant à l’Assemblée Générale des Nations-Unies un moratoire sur le chalutage profond.

Ces extraits sont issus de Wikipedia, l’ensemble des sources y sont disponibles :

http://fr.wikipedia.org/wiki/BLOOM#cite_ref-14

Yves Marre et Marc Van Peteghem – pour les populations démunies au Bangladesh

 

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Watever est une association qui a pour vocation de porter assistance aux populations démunies qui vivent sur les rives des océans et des fleuves par l’étude et la mise en place de solutions techniques adaptées à leurs situations économiques, sociales et climatiques dans tous les domaines liés à l’eau.

Je vous propose un retour rapide en images sur mon voyage de février 2012 au Bangladesh. J’y étais invité par Marc Van Peteghem et Jérémy Bertaud co-fondateurs de Watever pour découvrir leurs activités.

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Le Bangladesh (বাংলাদেশ) est situé entre l’Inde et la Birmanie. Indépendant depuis 1971 (après une guerre désastreuse), le pays a de nombreux handicaps, géographiques et politiques notamment, qui freinent son développement : la plupart du pays est situé à moins de 12 m au dessus du niveau de la mer (et même 10% en dessous).

Les nombreuses inondations, cyclones, la forte densité démographique, (1000hab/km2) et la faiblesse institutionnelle affectent lourdement le développement du pays.

C’est dans ce pays qu’Yves Marre débarque en 1994, avec une péniche convoyée (par la mer !) depuis la France afin d’en faire un bateau-hôpital flottant. Après divers projets, Yves décide de lancer un chantier naval : Taratari. Rejoint dans cette aventure par Marc Van Peteghem et Jérémy Bertaud, ils créent en 2011 une association, Watever, pour formaliser leurs actions de soutien aux populations littorales. Quelques mois plus tard, j’embarque dans l’aventure, par un premier voyage au Bangladesh.

Le but principal de ce voyage était pour moi de bien comprendre Watever en tant que structure : qui la compose, quelles sont les visions de chacun, sur quelles convictions les « associés » se retrouvent, quel est le but social (le problème ciblé), quel est le rôle de Watever, son modèle économique, sa vision…

Cela s’est progressivement éclairci. Surtout, la problématique m’est maintenant plus claire : le transport maritime est vital pour de nombreuses populations littorales, notamment au Bangladesh, il est incontournable pour se loger, se nourrir, s’éduquer, travailler. Or les populations locales n’ont pas accès à des bateaux adaptés, solides, sûrs, abordables. Ainsi des milliers de personnes, pêcheurs surtout, en souffrent (voire périssent) chaque année.

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Ainsi le but social de Watever est pertinent : il s’agit de permettre l’accès, pour le plus grand nombre, à des bateaux adaptés. Et les activités pour y parvenir sont cohérentes : développer à la fois des solutions techniques adaptées (fibre de jute, bambou), et des ateliers navals professionnels pour diffuser des techniques par le marché.

Ces réflexions stratégiques, longues discussions avec des gens passionnants car passionnés, s’illustraient parfaitement au contact des activités concrètes.

Dès mon arrivée je visitai le chantier naval Taratari. Dirigé par Yves Marre (cofondateur de Watever), il permet la construction de bateaux en composite fibre de verre / résine. Le chantier était en plein déménagement entre la banlieue de Dacca (Shavar) et Chittagong, cropped-IMG_0604.jpgl’occasion pour moi de voir un peu du pays, notamment les grandes plages où les vieilles carcasses flottantes (pétroliers, paquebots) viennent du monde entier s’échouer pour être déconstruites (dans des conditions sociales et environnementales désastreuses : voir à ce sujet le documentaire Iron Eaters). Autre point sombre sur le port de Chittagong, les 33 incidents liés à la piraterie durant les 3 premiers trimestre 2006 qui en ont fait le « port le plus dangereux au monde » par l’IMB (International Maritime Bureau). Chittagong est la ville du Bangladesh la plus proche de Cox’s Bazar, la plage naturelle la plus longue au monde, une des principales attractions touristiques du pays où les amis de Watever viennent tester leurs premiers surfs en fibre de jute.

 

C’est justement sur le jute que mon voyage s’est plus concentré. Le pôle Biomatériaux de Watever a lancé un projet de recherche sur cette fibre. Mené par Corentin de Chatelperron, le projet « Gold of Bengal » a pour but de remplacer la fibre de verre des composites actuels. Rappelons que le jute est une fibre végétale dont le Bangladesh est le premier producteur mondial, mais ce secteur (fortement artisanal et stratégique dans l’économie bangladaise) s’est effondré avec la montée en puissance des produits pétrochimiques (en particulier pour la fabrication de sacs).IMG_0231

En février 12, Corentin commençait la production  des premiers tissus 100% jute dans son labo artisanal, et préparait la réalisation d’un premier test d’infusion (un surf). Un an plus tard les progrès sont significatif, l’équipe de Gold of Bengal prépare un premier bateau 100% jute.

Outre le jute, l’équipe de Watever travaille maintenant également sur le bambou dans le cadre du pôle de recherche sur les biomatériaux. Cette dernière recherche est menée notamment par Gabriel Lerebours, porteur du projet Bamboo Boat.

La rencontre principale de ce voyage fut celle d’Alain Conan, le fort sympathique ex-capitaine du Rainbow Warrior 2. Nous avons profité de sa compagnie pour conclure le périple par une visite guidée son ancien bateau dans le port de Chittagong. Le 2 mâts est maintenant propriété de l’ONG Friendship qui le transforme en hôpital, dans la lignée des autres bateaux-hôpitaux dont Yves Marre était l’initiateur.

De retour du Bangladesh, la frustration est grande mais positive : si j’ai pu échanger quelques mots avec les ouvriers du chantier Taratari et du Rainbow warrior, ces quelques jours m’ont parus bien trop courts pour découvrir les populations locales pour lesquelles ces actions à vocation sociale sont destinées. Je ressens un manque, celui de mieux comprendre leurs modes de vies et donc leurs attentes pour m’assurer de la pertinence des solutions en cours d’élaboration. Mais ce manque se comble petit à petit : depuis ce voyage, j’ai rejoint le Conseil d’Administration de Watever, et l’équipe a depuis bien avancé sur l’analyse des besoins. Je tente maintenant de lui apporter d’humbles points de vues sur son modèle économique, pour faire grandir et aboutir cette aventure humaine passionnante.

Une certitude suite à ce voyage : cela fait un bien fou de voir des citoyens d’horizons, âges et origines si différentes, se réunir ensemble autour d’un projet innovant dont la vocation première est d’améliorer le quotidien de ceux qui en ont le plus besoin.

C’est un bel esprit de seatizens… pourvu qu’il en inspire d’autres !

Merci à toute l’équipe pour leur accueil chaleureux !

>>> SOUTENEZ CETTE INITIATIVE : cliquez ici

Voici aussi un schéma que j’ai produit en fév.12 sur le mode d’intervention vers lequel tend Watever :

Capture d’écran 2013-03-07 à 18.43.10

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Près du nouveau chantier Taratari – Chittagong 

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Avec Alexandra, Marc et Jérémy sur le bateau-maison de Corentin

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Transport de Bamboo à la voile – Shavar

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Livraison de jute à l’usine de transformation voisine de l’atelier Gold of Bengal et du chantier Taratari – Shavar

L’atelier artisanal de corentin et les premiers tests de tissu en fibre de Jute qui serviront de renfort au futur composite (tissu+résine) – à Shavar

Moule de surf prêt pour les premiers tests d’infusion sur tissu de Jute, avec C. de Chatelperon (à Shavar)

La belle blonde – fibre de jute (Shavar)

 

Un des premiers bateaux (un Sampan) en fibre de verre du chantier Taratari, dessiné par Marc (à Shavar)

Sampan traditionnel sur les rives de Chittagong

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Le bateau ambulance conçu par Marc et fabriqué par Taratari

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Des bateaux « Masdoris » produits par Taratari pour le transport d’écolier bangladais avec le soutien de l’UNICEF

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Le chantier naval Taratari déménage de Shavar vers Chittagong

Plage de déconstruction de bateaux – Chittagong – Bangladesh

Les nouveaux bâtiments du chantier Taratari à Chittagong

Les nouveaux bâtiments du chantier Taratari à Chittagong

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En haut d’une colline, sur une petite île face à Cox’s Bazar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On board ex Rainbow Warrior 2 with M. Van Peteghem, Y. Marre, Al. Conan, J. Bertaud, A. Sourbier, T. St Olive. (à Chittagong)

ex Rainbow Warrior 2 - Chittagong - fév 12

L’ex Rainbow Warrior 2 – Chittagong

Gigantesque bateau traditionnel en chantier – Chittagong

Marc et Yves devant des bateaux traditionnels de pêcheurs – sud Bangladesh

Les anciens radeaux de survie des bateaux (pétroliers, vraquiers, etc) qui se massent par centaines à Chittagong sont utilisés pour transporter la population. Ces embarcations sont dangereuses, le but du chantier Taratari est d’améliorer les conditions de transport d’une population pour qui le bateau est au centre des déplacements quotidien. 

Kerstin Forsberg : Planeta Oceano pour protéger l’environnement littoral et maritime péruvien

KERSTIN FORSBERG a fondé Planeta Océano au Pérou.

 

Through Ocean Planet, Kerstin Forsberg is educating and empowering coastal communities to sustainably manage their marine environment while also becoming primary players in developing comprehensive and mutually beneficial collaboration with other organizations, businesses, and governments that operate in the ocean ecosystem.

Voir vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=xntuQ7NZZPo

Kirsten a été élue « fellow » par l’organisation Ashoka en 2011

http://www.planetaoceano.org/index.htm

Proyecto Tortugas 1

Planeta Océano (Planet Ocean) is a non for profit organization that strongly works to conserve and restore coastal and marine environments, with special focus on Peru. We promote and develop research, environmental education & awareness and sustainable development initiatives; engaging stakeholder and community participation throughout all our efforts.