Yves Marre et Marc Van Peteghem – pour les populations démunies au Bangladesh

 

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Watever est une association qui a pour vocation de porter assistance aux populations démunies qui vivent sur les rives des océans et des fleuves par l’étude et la mise en place de solutions techniques adaptées à leurs situations économiques, sociales et climatiques dans tous les domaines liés à l’eau.

Je vous propose un retour rapide en images sur mon voyage de février 2012 au Bangladesh. J’y étais invité par Marc Van Peteghem et Jérémy Bertaud co-fondateurs de Watever pour découvrir leurs activités.

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Le Bangladesh (বাংলাদেশ) est situé entre l’Inde et la Birmanie. Indépendant depuis 1971 (après une guerre désastreuse), le pays a de nombreux handicaps, géographiques et politiques notamment, qui freinent son développement : la plupart du pays est situé à moins de 12 m au dessus du niveau de la mer (et même 10% en dessous).

Les nombreuses inondations, cyclones, la forte densité démographique, (1000hab/km2) et la faiblesse institutionnelle affectent lourdement le développement du pays.

C’est dans ce pays qu’Yves Marre débarque en 1994, avec une péniche convoyée (par la mer !) depuis la France afin d’en faire un bateau-hôpital flottant. Après divers projets, Yves décide de lancer un chantier naval : Taratari. Rejoint dans cette aventure par Marc Van Peteghem et Jérémy Bertaud, ils créent en 2011 une association, Watever, pour formaliser leurs actions de soutien aux populations littorales. Quelques mois plus tard, j’embarque dans l’aventure, par un premier voyage au Bangladesh.

Le but principal de ce voyage était pour moi de bien comprendre Watever en tant que structure : qui la compose, quelles sont les visions de chacun, sur quelles convictions les « associés » se retrouvent, quel est le but social (le problème ciblé), quel est le rôle de Watever, son modèle économique, sa vision…

Cela s’est progressivement éclairci. Surtout, la problématique m’est maintenant plus claire : le transport maritime est vital pour de nombreuses populations littorales, notamment au Bangladesh, il est incontournable pour se loger, se nourrir, s’éduquer, travailler. Or les populations locales n’ont pas accès à des bateaux adaptés, solides, sûrs, abordables. Ainsi des milliers de personnes, pêcheurs surtout, en souffrent (voire périssent) chaque année.

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Ainsi le but social de Watever est pertinent : il s’agit de permettre l’accès, pour le plus grand nombre, à des bateaux adaptés. Et les activités pour y parvenir sont cohérentes : développer à la fois des solutions techniques adaptées (fibre de jute, bambou), et des ateliers navals professionnels pour diffuser des techniques par le marché.

Ces réflexions stratégiques, longues discussions avec des gens passionnants car passionnés, s’illustraient parfaitement au contact des activités concrètes.

Dès mon arrivée je visitai le chantier naval Taratari. Dirigé par Yves Marre (cofondateur de Watever), il permet la construction de bateaux en composite fibre de verre / résine. Le chantier était en plein déménagement entre la banlieue de Dacca (Shavar) et Chittagong, cropped-IMG_0604.jpgl’occasion pour moi de voir un peu du pays, notamment les grandes plages où les vieilles carcasses flottantes (pétroliers, paquebots) viennent du monde entier s’échouer pour être déconstruites (dans des conditions sociales et environnementales désastreuses : voir à ce sujet le documentaire Iron Eaters). Autre point sombre sur le port de Chittagong, les 33 incidents liés à la piraterie durant les 3 premiers trimestre 2006 qui en ont fait le « port le plus dangereux au monde » par l’IMB (International Maritime Bureau). Chittagong est la ville du Bangladesh la plus proche de Cox’s Bazar, la plage naturelle la plus longue au monde, une des principales attractions touristiques du pays où les amis de Watever viennent tester leurs premiers surfs en fibre de jute.

 

C’est justement sur le jute que mon voyage s’est plus concentré. Le pôle Biomatériaux de Watever a lancé un projet de recherche sur cette fibre. Mené par Corentin de Chatelperron, le projet « Gold of Bengal » a pour but de remplacer la fibre de verre des composites actuels. Rappelons que le jute est une fibre végétale dont le Bangladesh est le premier producteur mondial, mais ce secteur (fortement artisanal et stratégique dans l’économie bangladaise) s’est effondré avec la montée en puissance des produits pétrochimiques (en particulier pour la fabrication de sacs).IMG_0231

En février 12, Corentin commençait la production  des premiers tissus 100% jute dans son labo artisanal, et préparait la réalisation d’un premier test d’infusion (un surf). Un an plus tard les progrès sont significatif, l’équipe de Gold of Bengal prépare un premier bateau 100% jute.

Outre le jute, l’équipe de Watever travaille maintenant également sur le bambou dans le cadre du pôle de recherche sur les biomatériaux. Cette dernière recherche est menée notamment par Gabriel Lerebours, porteur du projet Bamboo Boat.

La rencontre principale de ce voyage fut celle d’Alain Conan, le fort sympathique ex-capitaine du Rainbow Warrior 2. Nous avons profité de sa compagnie pour conclure le périple par une visite guidée son ancien bateau dans le port de Chittagong. Le 2 mâts est maintenant propriété de l’ONG Friendship qui le transforme en hôpital, dans la lignée des autres bateaux-hôpitaux dont Yves Marre était l’initiateur.

De retour du Bangladesh, la frustration est grande mais positive : si j’ai pu échanger quelques mots avec les ouvriers du chantier Taratari et du Rainbow warrior, ces quelques jours m’ont parus bien trop courts pour découvrir les populations locales pour lesquelles ces actions à vocation sociale sont destinées. Je ressens un manque, celui de mieux comprendre leurs modes de vies et donc leurs attentes pour m’assurer de la pertinence des solutions en cours d’élaboration. Mais ce manque se comble petit à petit : depuis ce voyage, j’ai rejoint le Conseil d’Administration de Watever, et l’équipe a depuis bien avancé sur l’analyse des besoins. Je tente maintenant de lui apporter d’humbles points de vues sur son modèle économique, pour faire grandir et aboutir cette aventure humaine passionnante.

Une certitude suite à ce voyage : cela fait un bien fou de voir des citoyens d’horizons, âges et origines si différentes, se réunir ensemble autour d’un projet innovant dont la vocation première est d’améliorer le quotidien de ceux qui en ont le plus besoin.

C’est un bel esprit de seatizens… pourvu qu’il en inspire d’autres !

Merci à toute l’équipe pour leur accueil chaleureux !

>>> SOUTENEZ CETTE INITIATIVE : cliquez ici

Voici aussi un schéma que j’ai produit en fév.12 sur le mode d’intervention vers lequel tend Watever :

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Près du nouveau chantier Taratari – Chittagong 

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Avec Alexandra, Marc et Jérémy sur le bateau-maison de Corentin

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Transport de Bamboo à la voile – Shavar

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Livraison de jute à l’usine de transformation voisine de l’atelier Gold of Bengal et du chantier Taratari – Shavar

L’atelier artisanal de corentin et les premiers tests de tissu en fibre de Jute qui serviront de renfort au futur composite (tissu+résine) – à Shavar

Moule de surf prêt pour les premiers tests d’infusion sur tissu de Jute, avec C. de Chatelperon (à Shavar)

La belle blonde – fibre de jute (Shavar)

 

Un des premiers bateaux (un Sampan) en fibre de verre du chantier Taratari, dessiné par Marc (à Shavar)

Sampan traditionnel sur les rives de Chittagong

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Le bateau ambulance conçu par Marc et fabriqué par Taratari

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Des bateaux « Masdoris » produits par Taratari pour le transport d’écolier bangladais avec le soutien de l’UNICEF

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Le chantier naval Taratari déménage de Shavar vers Chittagong

Plage de déconstruction de bateaux – Chittagong – Bangladesh

Les nouveaux bâtiments du chantier Taratari à Chittagong

Les nouveaux bâtiments du chantier Taratari à Chittagong

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En haut d’une colline, sur une petite île face à Cox’s Bazar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On board ex Rainbow Warrior 2 with M. Van Peteghem, Y. Marre, Al. Conan, J. Bertaud, A. Sourbier, T. St Olive. (à Chittagong)

ex Rainbow Warrior 2 - Chittagong - fév 12

L’ex Rainbow Warrior 2 – Chittagong

Gigantesque bateau traditionnel en chantier – Chittagong

Marc et Yves devant des bateaux traditionnels de pêcheurs – sud Bangladesh

Les anciens radeaux de survie des bateaux (pétroliers, vraquiers, etc) qui se massent par centaines à Chittagong sont utilisés pour transporter la population. Ces embarcations sont dangereuses, le but du chantier Taratari est d’améliorer les conditions de transport d’une population pour qui le bateau est au centre des déplacements quotidien. 

Kerstin Forsberg : Planeta Oceano pour protéger l’environnement littoral et maritime péruvien

KERSTIN FORSBERG a fondé Planeta Océano au Pérou.

 

Through Ocean Planet, Kerstin Forsberg is educating and empowering coastal communities to sustainably manage their marine environment while also becoming primary players in developing comprehensive and mutually beneficial collaboration with other organizations, businesses, and governments that operate in the ocean ecosystem.

Voir vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=xntuQ7NZZPo

Kirsten a été élue « fellow » par l’organisation Ashoka en 2011

http://www.planetaoceano.org/index.htm

Proyecto Tortugas 1

Planeta Océano (Planet Ocean) is a non for profit organization that strongly works to conserve and restore coastal and marine environments, with special focus on Peru. We promote and develop research, environmental education & awareness and sustainable development initiatives; engaging stakeholder and community participation throughout all our efforts.

Pêche et développement, pour soutenir la pêche artisanale dans le monde

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(repris du site http://www.peche-dev.org/)

Le Collectif Pêche & Développement est une association loi 1901.

En 1986 s’établissent des contacts privilégiés entre les pêcheurs bretons et les pêcheurs sénégalais qui se transforment rapidement en un partenariat et aboutissent à la naissance du « Collectif d’appui au Comité National des Pêcheurs Sénégalais (CNPS) ».
Cette association a alors pour but de :
- Favoriser les actions entreprises par le CNPS sur le plan local, national, européen et mondial ;
- Mettre en valeur le travail des femmes qui interviennent dans le secteur de la commercialisation et de la transformation.

Cette expérience est concluante mais après quelques années, face à l’évolution mondiale du secteur maritime et à l’internationalisation du secteur de la pêche, le Collectif d’appui au CNPS ressent le besoin d’élargir son champ d’action à l’ensemble des pêcheurs artisans. Naît alors en 1996 le Collectif Pêche & Développement.

Son but est de promouvoir un développement solidaire et durable du secteur de la pêche et de l’aquaculture :

- En favorisant les partenariats entre les hommes et femmes du milieu maritime au Nord comme au Sud ;
- En initiant des lieux de débat et un réseau d’information sur les politiques des pêches et de l’aquaculture ;
- En facilitant la présence et l’expression des organisations professionnelles partout où se joue leur avenir, en particulier au niveau international ;
- En accompagnant la mise en oeuvre de projets de développement permettant d’améliorer les conditions de vie et de travail du milieu maritime.

Les objectifs s’articulent sur l’animation et le renforcement des réseaux dans trois domaines :

- Les relations internationales : favoriser les relations entre les pêcheurs du Nord et les pêcheurs du Sud ;
- Les relations entre professionnels européens : soutenir la participation, l’implication des professionnels dans la définition, l’application des accords de pêche et de la Politique Commune de la Pêche ;
- Contribuer à la réflexion sur la place et le rôle des femmes dans le secteur halieutique.

L’architecture navale vernaculaire performante : les pirogues polynésiennes

Vu sur Voiles & Voiliers, cet article présente comment les populations polynésiennes concevaient il y a plusieurs siècles de bijoux d’architecture navale.

L’incroyable histoire du catamaran, depuis les origines polynésiennes jusqu’aux AC72 de l’America. Premier volet : les pirogues océaniennes. Des bijoux de souplesse et de légèreté qui naviguaient vite et loin !

http://www.voilesetvoiliers.com/cultures-voiles/l-histoire-du-catamaran-des-pirogues-aux-ac72-1-pirogues-oceaniennes-legeres-souples-inventives-/

Photo/plans Lechevalier vu sur Voiles & Voiliers

La Fondation MultiOne Attitude

La Fondation Multi One Attitude est une organisation caritative qui a pour objectif d’utiliser la voile comme un moyen de sensibilisation et d’éducation de l’opinion publique pour trouver des solutions aux questions fondamentales liées à l’eau et au développement durable. La mission de la fondation est simple : sensibiliser le public à la préservation de l’océan et de l’empreinte en eau.

Préservation des océans : sensibiliser le public afin qu’il s’implique activement dans la résolution des problèmes liés à la pollution de l’eau.
Pour plus d’informations, cliquer ici.

Empreinte en eau : mobiliser le public autour des problèmes de l’empreinte en eau dans le monde.
Pour plus d’informations, cliquer ici.

Fondation Bénéteau > Pour une plaisance durable

A l’occasion, des journées de la Mer, rencontre avec Annette Roux, Présidente de la Fondation Bénéteau, fondation pour la promotion d’un nautisme vert et des métiers de la mer.

Quand la Fondation Bénéteau a-t-elle été créée ? Quelle est sa vocation ?

Annette Roux : “Créée en 2005, la Fondation Bénéteau est la seule fondation d’entreprise française entièrement dédiée au nautisme. Elle cherche à encourager et à promouvoir la protection de l’environnement dans l’univers du nautisme, notamment à travers de grands projets comme le concept de bateau hybride que nous avons présenté fin 2009 au salon nautique de Paris. La Fondation participe aussi à la mise en valeur du patrimoine naval, souvent en partenariat avec des musées comme la Cité de la Voile d’Eric Tabarly à Lorient ou le musée de la construction navale de Noirmoutier qui est en cours de réhabilitation. Enfin, nous cherchons à sensibiliser le grand public sur les notions de protection de l’environnement maritime…et terrestre car nous travaillons également dans le secteur de la construction et de l’habitat.”

Avez-vous des projets à l’international ?

Annette Roux : “Nous avons mené plusieurs projets à l’international : la mise en œuvre d’une école de voile en Chine, la construction d’une école de la mer à Madagascar (qui forme les jeunes à une pêche responsable et à la construction de bateaux modernes et respectueux des traditions locales), la fabrication de catamarans de pêche au Sri Lanka après le tsunami ou encore la construction de pirogues de pêche au Sénégal pour lutter contre l’émigration clandestine en incitant les sénégalais à gagner leur vie dans leur pays. Ceci dit, nous avons décidé récemment de réorienter nos actions en France car il existe déjà beaucoup d’autres fondations qui œuvrent à l’étranger tandis que les projets français ne trouvent pas toujours de soutien.”

Pouvez-nous parler de votre concept de motorisation hybride adaptée aux monocoques ?

Annette Roux : “Il s’agit d’une chaîne hybride parallèle qui propose 3 sources d’énergie : un moteur thermique, un moteur électrique et l’énergie cinétique. L’innovation tient à ce que chaque source d’énergie peut fonctionner simultanément ou séparément. Ainsi, en fonction de son mode de navigation (en cabotage, en navigation hauturière…), on n’utilise pas les mêmes sources d’énergie.
Et, autre grande nouveauté : la régénération sous voile. Quand vous naviguez sous voile, à partir de 5 nœuds, une hélice immergée, placée dans le flux d’eau face à la mer, vous permet de produire de l’énergie électrique et de la stocker. Pour agrémenter le concept, on a rajouté des batteries au lithium (comme sur les voitures) et un BMS (Battery Management System) qui vous permet de vérifier l’état de vos batteries à chaque instant. Avec ce moteur hybride, vous pouvez naviguer sans aucune pollution et dans un silence unique.
Le projet est né en partenariat avec un groupe allemand ZF, qui commercialise déjà cette chaine hybride et Valence qui a fourni les batteries au lithium.
Nous n’avons pas tout à fait fini les essais. Nous espérons que ce concept sera commercialisé dans quelques mois. ”

Quels sont les autres axes de vos actions ?

Annette Roux : “La Fondation Bénéteau cherche aussi à encourager l’émergence de nouveaux métiers contribuant à la création d’emplois dans le nautisme. C’est pourquoi nous avons lancé un concours de design ouvert à une dizaine d’écoles en Europe sur le thème de « l’aménagement intérieur du bateau de demain ». Nous avons de très nombreuses candidatures et nous sommes très confiants dans les projets qui vont nous être soumis. Les lauréats seront récompensés lors du salon nautique de Paris de décembre 2011.”

Article publié par www.developpement-durable.gouv.fr

EcoNav inaugure ses journées thématiques 2011

EcoNav, réseau militant en faveur de l’éconavigation, inaugure, le 31 mars, à La Rochelle, ses journées thématiques de 2011 par une conférence consacrée aux ports du futur.

Militer pour que le respect de l’environnement soit au centre des décisions prises dans les différents secteurs de la mer et inciter usagers et professionnels de la navigation à promouvoir et à développer des solutions plus propres pour l’avenir, c’est l’objectif d’EcoNav.

Ce collectif d’une centaine de membres regroupant organisations non gouvernementales, institutions publiques et professionnels de la navigation organise, depuis 2009, des Journées Thématiques sur des sujets d’actualités dans cette perspective.

Depuis une vingtaine d’années, les ports ont subi de nombreuses transformations : augmentation de la charge des navires dédiés aux transport de masse, recul de la pêche et hausse constante du public plaisancier… ces évolutions ont une réelle incidence sur les aménagements portuaires et les infrastructures mais également sur les territoires et l’environnement.

Ports à sec, réhabilitation, éco-conception, gestion dynamique des places… aujourd’hui, les gestionnaires de ports, les collectivités territoriales et l’Etat ont pris conscience de l’importance de l’enjeu en favorisant le développement raisonné. Spécialistes, membres du réseau EcoNav se donnent rendez-vous le 31 mars, à La Rochelle, pour en parler lors d’une journée consacrée aux « ports du futur ».
Pour connaître le calendrier des événements organisés par EcoNav.

Bruxelles veut réduire les gaspillages de la pêche

vus ur JDLE Le 02 mars 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg

La commissaire européenne en charge de la pêche, Maria Damanaki, a annoncé mardi vouloir interdire les rejets en mer de poissons morts, dénoncés comme un gaspillage des ressources naturelles.

«J’envisage de proposer une interdiction des rejets dans le cadre de mes propositions de réforme de la politique commune de la pêche», d’ici quelques mois, a déclaré la Commissaire grecque lors d’une réunion à Bruxelles réunissant des représentants des pays européens concernés et du Parlement européen.

«Jusqu’ici, nous avons tenté de nous attaquer au problème par des mesures techniques. Mais soyons honnêtes, si nous continuons comme ça, ce sera comme de traiter une maladie grave avec de l’aspirine», a commenté M. Damanaki.

Le problème atteint, il est vrai, des proportions inquiétantes. Selon une étude de la FAO, publiée en 2004, 7,3 millions de tonnes de poissons par an sont rejetés à la mer, soit 8% du total des prises mondiales. En Europe, tout dépend des espèces pêchées. La moitié des poissons blancs pêchés seraient ainsi gaspillés. Et la proportion pourrait atteindre 70% pour les poissons plats. «Les rejets ne sont pas éthiques, ils représentent un gaspillage des ressources naturelles, comme des efforts des pêcheurs».

L’idée serait d’adopter une «approche graduelle», a-t-elle souligné, en commençant par exemple par les espèces pélagiques (anchois, maquereau, thon rouge), puis aux poissons des grands fonds, en élargissant la liste des espèces concernées d’année en année, a précisé la commissaire.

La question est toutefois très complexe, a-t-elle admis, soulignant qu’il fallait choisir de quelle manière mettre en œuvre cette interdiction. Une solution pourrait être de déduire les prises des quotas de pêche afin d’encourager les pêcheurs à développer des techniques plus sélectives, a-t-elle cité en exemple.

La réunion, à laquelle participaient notamment les ministres espagnol et britannique de la pêche, fait partie des consultations de la Commission européenne en vue d’élaborer sa réforme de la politique de la pêche, dont les grandes lignes devraient être présentées d’ici la fin juin.

Dans une déclaration commune signée mardi en marge de la réunion de Bruxelles, la France, l’Allemagne, le Danemark et le Royaume Uni partagent le constat de la Commission sur les rejets.

Mais ces pays plaident pour une approche plus différenciée d’une pêcherie à l’autre, estimant que les interdictions de rejets devraient être introduites «là où c’est approprié».

Ils demandent aussi à Bruxelles de procéder à une «évaluation d’impact» pour estimer les différentes causes et les différentes mesures nécessaires à l’éradication des rejets.

Ils estiment par ailleurs que l’introduction d’obligations de ramener à terre tous les poissons pêchés présuppose qu’ils peuvent être commercialisables et se prononcent en faveur de mesures incitatives pour les pêcheurs.

Des planches de surf plus respectueuses de la nature

Depuis 2003, le fabricant de planches de surf UWL a lancé la production d’une gamme de planches, appelée Bioboard, avec des produits issus des technologies vertes. Les dérivés du pétrole y sont remplacés par des fibres de lin et des résines végétales. Rencontre avec Thomas Cardinal, cogérant d’UWL.

– Pourquoi et quand avez-vous lancé votre ligne de planches de surf Bioboard ?
Dès 2003, UWL a travaillé sur un projet de planche de surf sur laquelle on pourrait remplacer tous les éléments polluants par des produits issus des technologies vertes. En 2004, les premiers prototypes ont été produits et UWL a remporté le prix Eurosima d’Innovation technologique en 2004 et 2007. Pour cette planche, nous avons remplacé tout ce qui pouvait être remplacé sans faire de compromis sur les performances, et tout en gardant pour objectif de la proposer à un prix abordable.

– Concrètement, quelle différence y a-t-il avec une planche classique ?
Conscient dès le départ de l’impact de la fabrication d’une planche sur la nature (tous les produits utilisés sont des dérivés du pétrole), nous avons cherché à en utiliser le moins possible. La fibre de verre a été remplacée par de la fibre de lin cultivée et transformée en France. Le pain de mousse, qui constitue le noyau de la planche, est composé de mousse Biofam provenant d’un fabricant anglais et réalisée avec des bio-résines issues de l’agriculture et non d’un dérivé du pétrole. La stratification est réalisée avec une résine à catalysation UV. Résultat : plus de gâchis (ce qui n’est pas passé sous les UV ne durcit pas) et une utilisation de solvant pour nettoyer les outils divisée par quatre. Notre technologie Bioboard n’est pas la solution 100% écologique mais la différence entre une fabrication classique et le produit que nous proposons est très importante.

– Les surfeurs ont une image « nature », y avait-il une attente particulière de la part de vos clients pour ce type de produits ?
Un très grand nombre de surfeurs se préoccupent de leur impact sur la nature. Mais ils ne s’attendaient pas à ce que l’on produise ce type de produit. Cet état d’esprit proche de la nature est souvent en contradiction avec son souci de performance sportive.
Des planches plus résistantes, des combinaisons plus chaudes, des destinations pour la pratique du surf toujours plus lointaines sont autant de facteurs de pollution. Malgré tout, nous produisons de plus en plus de planches avec notre technologie Bioboard et d’autres ateliers français nous emboîtent le pas. Ce qui veut bien dire que le surfeur est prêt à changer ses habitudes si les performances sont là et que le prix n’est pas exorbitant. Nos confrères, eux, ont été assez sceptiques dans un premier temps. On entend parler depuis des années de planches bio aux quatre coins du monde sans jamais les voir. Mais à force de voir nos planches en action dans l’eau, même les plus sceptiques ont commencé à changer d’avis.

– Les ventes de votre gamme Bioboard sont-elles à la hauteur de vos espérances ?
Nous avons produit plus de planches Bioboard que nous nous y attendions même si elles ne représentent qu’un faible pourcentage par rapport à notre production classique. Même si l’image est très importante pour une entreprise, nous n’avons jamais travaillé sur ce projet dans ce but. Nous souhaitions faire quelque chose pour la nature en phase avec notre travail et notre savoir-faire. Et si cela a pu aider à faire changer la mentalité des surfeurs et des professionnels du secteur, nous en sommes pleinement heureux.

– Pensez-vous développer de nouveaux produits dans cette optique de respect de l’environnement à l’avenir ?
Nos fournisseurs intègrent de plus en plus la problématique du développement durable à leurs produits, comme la marque FCS qui produit des ailerons en plastique recyclé. Pour nous, c’est tout bénéfice ! Nous pouvons nous consacrer pleinement à notre métier, le design de planche de surf sur-mesure haute performance. Et notre vrai challenge est de continuer à intégrer cette problématique dans toute la vie de l’entreprise, en menant des actions concernant les rejets dans la nature, la réduction des déchets, etc.
www.uwl-surfboards.com

Pêche intensive : les eaux d’Afrique de l’Ouest «pillées»

A l’occasion du 11e Forum social mondial (FSM) qui s’est tenu à Dakar (Sénégal) jusqu’au 11 février, Greenpeace International a dénoncé la surexploitation par l’Union européenne des ressources marines en Afrique de l’Ouest.

Durant 5 semaines (24 février-1er avril 2010), l’ONG a navigué entre les eaux du Sénégal et de la Mauritanie pour mesurer l’envergure de la pêche étrangère dans la région. Le rapport réalisé à la suite de l’expédition (non publié pour l’instant), présente les types de navires rencontrés: «126 navires de pêche et 4 navires cargos frigorifiques, dont 93 navires étrangers répertoriés, 61 provenant de l’UE et 26 chalutiers mauritaniens et sénégalais en plus de plusieurs dizaines de pirogues locales».

Ces navires, suréquipés et ne répondant pas toujours aux normes, se livreraient à une pêche illégale «destructrice» et «pilleraient» les stocks halieutiques des eaux d’Afrique de l’Ouest, malgré les accords de partenariat existant entre l’UE et les pays de la région, selon Raoul Monsembula de Greenpeace.

«Il est grand temps de prendre conscience de la problématique de la surpêche, qui non seulement vide nos mers, mais aggrave aussi la situation de la sécurité alimentaire des peuples de la côte», estime dans un communiqué Oumy Sène Diouf, chargée de campagnes Océan pour Greenpeace Afrique.

L’association demande par conséquent à l’Union européenne de récupérer ses propres stocks halieutiques en créant des réserves marines et en adoptant des pratiques de pêche durables au lieu d’épuiser les ressources ailleurs.

A ce titre, mettons-en avant Haidar El Ali qui dirige l’Océanium à Dakar
http://oceanium.blogspot.com/p/aires-marines-protegees.html