5 « todo » pour se lancer

 

methode1. Get ready : un peu de méthode que diable

Quel que soit votre projet, la première de toutes les démarches consiste à poser noir sur blanc vos idées, votre vision, vos pistes, vos risques. Pour ce faire, l’outil de base, c’est le « Business Plan Social ».

Depuis 2005, l’ESSEC conçoit et met à jour un « guide méthodologique du business plan social » actualisé chaque année.

Pour donner un éclairage rapide sur ce concept, le Business plan social (BPS) a pour but d’offrir un cadre d’analyse afin que les décisions prises dans différents domaines soient cohérentes avec la mission et les principes de l’organisation. Il permet de définir la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour passer d’une idée à la réalisation d’un projet. C’est donc un outil pratique, concret et surtout nécessaire pour un entrepreneur social.
Il lui permet d’analyser et structurer son projet avec précision, d’identifier toutes les alternatives, d’anticiper les obstacles et de trouver les moyens pour les surmonter.
La qualité d’un BPS assure la crédibilité du projet d’utilité sociale. Par son professionnalisme, ce document permet de convaincre des partenaires potentiels. Il faut absolument pour l’entrepreneur social, afin de réussir son BPS, être objectif, clair, précis, uniforme et professionnel. Ce sont les facteurs clés de succès.
Le BPS diffère du business plan classique car il répond aux spécificités d’un projet d’entreprise sociale.

Le BPS se divise en cinq parties, regroupé ensuite dans un tableau récapitulatif :

  • Tout d’abord, l’entrepreneur social ou l’entreprise sociale, doit expliquer sa vision, sa mission, ses valeurs : l’objectif est de concevoir la charte du projet, pour susciter l’intérêt des interlocuteurs.
  • En deuxième partie, il convient d’analyser les opportunités  : c’est une identification précise des besoins auxquels répond le projet. Il faut prouver sa pertinence, identifier les cibles et évaluer le marché potentiel.
  • En troisième partie, l’entrepreneur exprime sa stratégie générale et son modèle économique. Il faut expliquer comment le projet sera réalisé, c’est-à-dire un panorama de la stratégie afin de passer d’une idée à sa concrétisation. Il faut notamment pour l’entrepreneur détailler son plan de production, sa stratégie marketing et sa stratégie en terme d’organisation. Cette vision globale se synthétise par la formalisation du modèle économique du projet : mission sociale / produit – cibles – organisation – environnement / performance, création de valeurs.
  • La quatrième partie d’un BPS est le plan opérationnel et les prévisions financières. Elle présente les principales actions qui seront menées sur les trois prochaines années et le plan de lancement détaillé du projet la première année. L’entrepreneur doit prouver qu’il a identifié et hiérarchisé ses priorités. Les prévisions financières doivent présenter le modèle de financement du projet. Il faut démontrer que le projet est fiable à moyen terme. L’entrepreneur doit réfléchir en terme de trésorerie, il faut qu’il creuse les différentes possibilités.
  • Enfin, le dernier point concerne la mesure de l’impact et l’évaluation. Cette partie est fondamentale et doit prouver que la performance ne se calcule pas uniquement d’un point de vue financier mais en terme de viabilité économique et d’utilité sociale. L’entrepreneur doit trouver des méthodes d’évaluation facilement utilisables pour son projet, des indicateurs de réussite et d’utilisation des résultats.

Ce BPS proposé par l’ESSEC permet donc à tous les entrepreneurs sociaux de bénéficier d’un outil de formalisation et de gestion de projet, adapté à leurs spécificités, afin d’être pertinents et professionnels dans leurs démarches.

– télécharger ici le guide de rédaction d’un Business Plan Social (ESSEC)

2. Entourez-vous !

> Les amis, la famille

Si vous ne l’avez pas déjà fait, entourez-vous d’abord d’amis de confiance. La confiance est LA valeur clé pour lancer quelque chose : que ce soit un défi, une entreprise, une asso, ou même un simple javelot, si vous n’avez pas confiance ça ne marchera pas.

> Les pros

Les ressources humaines seront cruciales, il faut donc vous entourer des meilleurs professionnels. Même si vous n’avez pas de sous dans un premier temps, vous pouvez malgré tout intéresser les meilleurs professionnels de votre secteur avec votre belle idée

> Les structures : 

les Boutiques de Gestion, un réseau de professionnels pour vous accompagner dans le lancement de votre projet

– les Caisses Régionales d’Economie Sociale – CRES : il en existe une par région en France, spécialistes de l’économie sociale et solidaire.

– Les écoles d’entrepreneuriat, de gestion et de commerce à côté de chez vous peuvent vous aider. Suivant de près Stanford, Yale, Harvard ou Oxford, les écoles françaises se mettent petit à petit à l’entrepreneuriat social voir en particulier ANTROPIA, l’incubateur social de l’ESSEC 

– Les concours Ashoka Impact (ouvert à tous) et Jeunes Changemakers (pour les 12-25 ans)

3. Trouvez des sous

Votre Business plan vous a permis de définir une stratégie de levée de fonds pour vous lancer.

Outre vos indispensables apports personnels et de « love money » (vos amis et votre famille), diverses organisations peuvent vous aider, mais il serait difficile d’en dresser la liste exhaustive tant les modes de financements varient d’un projet à un autre en fonction de la stratégie choisie :

  • Dons directs
  • Crowdfunding
  • Prêt à la création d’entreprise
  • Prêt d’honneur
  • Microcrédit
  • Prêt bancaire
  • Subvention
  • Exonérations de charges
  • Caution
  • NACRE / ACCRE

Notons tout de même les organisations de référence du secteur de l’entrepreneuriat social en France et dans le monde :

Ashoka

Fondée et soutenue par des consultants et anciens de McKinsey, Ashoka est une association d’origine américaine et qui est le principal promoteur du concept d’entrepreneur social. Ashoka attribue des bourses individuelles à des entrepreneurs sociaux ayant déjà fait la preuve de l’impact social de leurs projets. Les bourses Ashoka, accompagné d’une mise en relation avec un excellent carnet d’adresses de décideurs et d’autres entrepreneurs sociaux à travers le monde, est sensée permettre à l’entrepreneur social de pouvoir se consacrer à temps plein à son projet sans avoir à se soucier de ses revenus personnels pendant quelques temps (un an ou deux ?). La bourse est attribuée à l’entrepreneur et non à l’entreprise. Ashoka ne répond pas aux sollicitations directes de porteurs de projets mais repère les entrepreneurs via son réseau de bénévoles. A l’origine, l’idée telle que présentée par le fondateur, Bill Drayton, était plutôt de permettre à des entrepreneurs sociaux de se lancer dans leur projet à temps plein (capital amorçage, en quelques sortes). Mais aujourd’hui, les entrepreneurs sociaux sélectionnés en France sont des personnes ayant des projets déjà bien établis et nécessitant plus de notoriété et une aide à leur développement. Ashoka est bien implanté en Franceet anime régulièrement des événements notamment autour de ses “promotions” annuelles d’entrepreneurs sociaux français.

Echoing Green

Echoing Green, par contre, reste essentiellement positionné sur le capital amorçage mais, également, sous forme de subvention individuelle. Les bourses, d’un montant de 60 000 $, sont également attribuées à l’entrepreneur avec pour principal engagement de celui-ci qu’il se consacre à plein temps pendant 2 ans à son projet. La sélection annuelle s’effectue sur dossier : de l’ordre de mille candidats pour moins d’une dizaine de projets sélectionnés chaque année. Echoing Green n’a aucune présence en France et la sélection s’effectue en ligne. La bourse est également accompagnée de services gratuits : conseil, accompagnement, mise en relation…

PhiTrust

PhiTrust intervient principalement en phase de développement, après quelques années d’existence du projet, typiquement “après Ashoka”. Le groupe PhiTrust est constitué de professionnels du financement d’entreprise qui décident de se dédier au financement de l’innovation sociale. PhiTrust est membre d’un réseau européen, l’European Venture Philanthropy Association. PhiTrust dispose de 2 chevilles ouvrières : d’une part une fondation sous égide de l’Institut de France, pour le financement, sous forme de subventions, de projets à but non lucratif et d’autre part PhiTrust Partenaires, une société d’investissement à capital variable. Le processus de décision de financement s’étale sur une durée de 1 à 3 ans et commence par l’envoi d’un dossier descriptif du projet, puis questionnaire détaillé, puis une série d’entretiens, ensuite une enquête approfondie (“due diligence“) et enfin une présentation au comité de financement. 1 projet est sélectionné pour 70 candidatures, pour environ 20 candidatures par mois. Pour les projets lucratifs, les participations prises sont minoritaires (“actionnaire minoritaire actif”) avec un rendement attendu qui reste faible (la plupart du temps inférieur à 5%). Au-delà de 10% de rendement des participations, l’excédent est reversé à la fondation.

Antropia

Antropia, l’incubateur social de la Chaire Entrepreneuriat Social de l’ESSEC offre non seulement une logistique de base pour les nouveaux entrepreneurs sociaux (bureau, téléphone…) mais surtout des services (conseil, ‘accompagnement “coaching”, mise en relation…) et l’accès à des prêts d’honneur de la Caisse d’Epargne.

Bamboo Finance

Bamboo Finance est une entreprise sociale suisse de capital risque philanthropique, avec objectif de sortie mais recherche d’un double impact : social (et/ou environnemental) et financier.

France Active

Fondée en France dans les années 80 en réaction à une importante augmentation du chômage longue durée, France Active vise à créer de l’emploi et regroupe, parmi ses décideurs, des professionnels de la banque intéressés par l’économie sociale et des dirigeants d’ONGs telles que le Secours Catholique et la CIMADE. France Active intervient en financement via la Société d’Investissement France Active (SIFA), notamment (mais pas exclusivement) auprès des entreprises d’insertion.

ESFIN-IDES

Le groupe ESFIN-IDES intervient en capital risque auprès des acteurs de l’économie sociale, avec des souscriptions de l’ordre de 100 000 à 600 000 euros.

Les CIGALES et GARRIGUE

Les CIGALES sont des clubs d’investisseurs privés (comme des business angels) qui interviennent en phase d’amorçage de projets locaux sur des petites sommes (1000 ou 2000 euros par exemples) et, plus rarement, en regroupant les 5 ou 6 clubs d’une région (cas de l’Ile-de-France) pour des investissement plus importants (10 000 euros ?). Garrigue est une société de capital risque proche des Cigales. L’un des critères essentiels de décision est la création d’emploi : le projet est-il créateur d’emploi et l’entrepreneur renoue-t-il, par ce projet, avec le monde de l’emploi. Les entrepreneurs accompagnés sont donc essentiellement des personnes ayant connu des difficultés professionnelles ou sociales significatives.

Et bien entendu pensez aux fondations d’entreprises et familiales, en particulier :

Fondation Schwab

La Fondation Schwab organise en France, chaque année, un concours d’entreprises sociales dont le prix est un don en nature de conseil par un grand cabinet (habituellement offert par le Boston Consulting Group).

Fondation Skoll

La Fondation Skoll offre essentiellement un service de mise en relation et de médiatisation des meilleurs projets, avec une influence certaine aux USA et notamment en Californie. La Fondation Skoll intervient en financement plus tardif des projets déjà bien établis, avec des enveloppes de l’ordre du million de dollars sur 3 ans.

La Fondation Ensemble

4. Topez de l’info : 

– Entrepreneur Social.net : site d’info sur l’entrepreneuriat social

– Ashoka.org : « le » réseau des entrepreneurs sociaux innovant et de l’innovation sociale

– AVISE : Association créée en 2002 par la Caisse des Dépôts et des grands acteurs de l’économie sociale, l’Avise a pour finalité d’accroître le nombre et la performance des initiatives de l’économie sociale et solidaire (ESS). Et contribuer ainsi au développement d’emplois durables et d’une économie empreinte de solidarité.

– Le MOUVES – mouvement des entrepreneurs sociaux

– Stanford Social Innovation Review : « la » revue internationale de l’innovation sociale

– Make Sense, le projet fou de Christian et Romain pour booster l’entrepreneuriat social

– Socialter : le magazine de la nouvelle économie

5. Give me 5 : 

diver-whale-high-five-perfect-timingShootez-moi un mail à antoine.horellou(at)seatizens.org pour discuter d’un projet, poser des questions, être référencé dans le réseau, soutenir un entrepreneur social maritime…

 

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