Nouveau Parc Naturel Marin dans l’Océan Indien

La parc se trouve à l’entrée du canal du Mozambique.
Avec le parc des Glorieuses, la France a inauguré son 4ème parc naturel marin (PNM) et le deuxième de l’océan Indien après celui de Mayotte, dont il est voisin.
Cette aire se situe au cœur des terres australes et antarctiques françaises (TAAF), à l’entrée du canal du Mozambique. Quasiment indemne de toute pression anthropique, elle s’étend sur 17 kilomètres de long et atteint une superficie de 165 km2. Elle sert de refuge à de nombreuses espèces menacées : tortues marines, mammifères marins, requins et raies, oiseaux marins… Environ 10% des espèces locales sont en effet protégées par des conventions internationales ou figurent sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
Ce nouveau PNM sera géré par un Conseil comprenant 20 représentants (Etat, organisations professionnelles de pêcheurs, associations environnementales, et experts).
Quatre missions lui reviennent, comme le précise le décret publié le 23 février au Journal officiel (article 5). Il a pour objectif de protéger le patrimoine naturel (en particulier les tortues, les récifs coralliens et les mammifères marins, de faire des eaux des Glorieuses un exemple de la pêche durable et un lieu d’observation privilégié de la biodiversité. Enfin, il devra encadrer les pratiques touristiques et stimuler le développement de pratiques écologiques.
La création de deux autres parcs marins est au programme de l’année 2012 : celui des estuaires picards et de la mer d’Opale, ainsi que le parc des Perthuis charentais et girondin.

Greenpeace accuse Intermarché de surpêche

 

L’organisation écologiste accuse Intermarché de «piller» les grands fonds et appelle le groupement à cesser la pêche par chalutage profond.
«La pêche profonde pratiquée par Intermarché incarne parfaitement la surpêche en Europe et elle doit cesser immédiatement», indique Hélène Bourges, responsable de la campagne Océans de Greenpeace dans un communiqué, rappelant que la France et l’Espagne sont les deux principaux pays européens à pêcher dans les grandes profondeurs (entre 600 et 1.500 mètres de fond).
Pour se faire entendre, les militants de Greenpeace se sont rendus cette fin de semaine dans 22 magasins de l’enseigne.
Selon l’ONG, Intermarché représente 60% des prises françaises réalisées par chalutage profond, une technique «particulièrement destructrice» qui cible des poissons blancs de grands fonds comme le flétan, le grenadier ou l’empereur.
«Ces chaluts sont des filets coniques, dont l’ouverture peut être aussi large qu’un terrain de football, tirés par des bateaux au-dessus du plancher océanique, raflant tout sur leur passage», insiste-t-elle.
«Le chalutage profond est emblématique des mauvaises pratiques» industrielles qui menacent des espèces à croissance lente et reproduction tardive. «De plus, le chalutage profond entraîne des rejets en mer d’animaux morts et détruit le fond des océans», explique-t-elle.
Intermarché possède la plus importante flotte de chalutage profond en France: 17 navires dont 8, estiment l’association écologiste, pratique le chalutage profond. Selon l’ONG, le groupement «a reçu 9,7 millions d’euros de fonds publics, payés par le contribuable français et européen, entre 1996 et 2008. Intermarché a par la suite, en 2008, injecté 20,4 M€ dans sa flotte pour la maintenir».
«Les océans sont en train de mourir, tout particulièrement en Europe: 7 espèces sur 10 aux étals des poissonneries sont surexploitées ou au bord de la surexploitation. Si on ne veut pas d’un océan vide d’ici 35 ans, l’Union européenne doit radicalement changer sa politique», souligne l’ONG.

Le 27 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg

L’Europe dépend trop du poisson des autres

Vu sur le JDLE, le 10 juin 2011

La consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%.

La consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%.

Les citoyens européens consomment beaucoup plus de poissons que les mers d’Europe peuvent fournir. Chaque année, la date à laquelle nous commençons à manger le poisson des autres avance, prévient la New economic foundation (NefNEF) et Océan 2012 dans leur rapport rendu public le 9 juin.

La tendance observée l’année dernière se confirme (dans le JDLE), voire s’aggrave. Si l’Union européenne devait consommer des ressources halieutiques provenant uniquement de ses propres eaux, elle manquerait de poisson dès le 2 juillet. L’année dernière, c’était le 9 juillet. « Cela montre une baisse de 200.000 tonnes de produits de la mer sur 12 mois », indique la NEF dans le rapport 2011 sur la « Journée de la dépendance aux poissons», ou « Fish dependance day (FDD)» en anglais.
La France commencera pour sa part à dépendre des importations à partir du 13 juin (contre le 20 juin l’année dernière). C’est 6 semaines plus tôt qu’en 2000. Seulement trois pays (l’Estonie, l’Irlande, et les Pays-Bas) sont auto-suffisants. Le cas du Danemark est particulier. Il y a 5 ans, ce pays était encore autosuffisant toute l’année et exportait beaucoup. Mais sa politique de pêche minotière (industrielle) se concentrant sur 2 ou 3 espèces pour la production de farines animales a rendu le pays dépendant des importations sur 4 mois de l’année.
Les niveaux d’autosuffisance des Etats européens sont calculés sous forme de rapport entre l’offre nationale (production) et la demande nationale (consommation). « L’offre nationale comprend le total des débarquements déclarés par Etat membre pour les eaux communautaires, la production aquacole et la balance commerciale (les importations soustraites aux exportations). La demande nationale quant à elle comprend le total des débarquements déclarés dans toutes les régions, auquel on ajoute les importations et on soustrait les exportations», explique Rupert Crilly, de la NEF, co-auteur du rapport. Le jour de la dépendance à l’égard du poisson est ensuite calculé en multipliant le niveau d’autosuffisance par 365, puis en trouvant la date correspondante dans l’année calendaire.
De manière générale, les poissons pêchés aujourd’hui en Europe sont plus petits et moins nombreux, leur capture demande un effort plus important, et par conséquent, d’autres espèces, plus vulnérables, sont ciblées à leur tour. Surpêche, quotas inappropriés, méthodes peu sélectives, subventions distribuées trop facilement pour la construction de bateaux, nombreuses sont les raisons qui ont amené cette situation (dans le JDLE). Le cas de la Méditerranée n’échappe pas à la tendance (dans le JDLE).
Il faut dire que la consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%. Les français consomment 37,3 kilogrammes (kg) de poisson par an, et l’Espagne 42 kg, alors que la consommation mondiale moyenne s’élève à 17 kg par an et par personne (dans le JDLE). « La population vieillit, et demande de plus en plus de protéines non grasses. Dans l’imaginaire, le poisson est un produit pur, car sauvage. Mais plus on monte dans la chaîne alimentaire, plus on mange du concentré de poison», rappelle Stéphan Beaucher, conseiller sur la Politique commune de la pêche (PCP) pour Océan 2012 et auteur de « Plus un poisson dans 30 ans?» (dans le JDLE).
Contrairement à ce que l’on peut imaginer, l’aquaculture a seulement ralenti, et non pas enrayé, l’augmentation de la dépendance de la France et d’autres pays européens à l’égard du poisson provenant d’ailleurs. Il n’y a qu’à constater les désastres causés par les fermes de saumons sur les côtes des îles Chiloe au Chili pour comprendre que l’élevage n’est d’ailleurs pas une solution (usage intensif d’antibiotiques, développement d’algues qui détruisent toute forme de vie sous les cages, etc.)
Le constat est clair. Pour répondre à une telle demande, il faut une pêche beaucoup plus durable, qui respecte les limites biologiques du poisson. La coalition Ocean 2012 (123 membres), créée peu après la publication du Livre vertde la Commission européenne d’avril 2009 sur la réforme de la PCP, critique la vision économique à court terme menée depuis 25 ans par l’UE.
« La PCP visait l’autonomie en ce qui concerne la consommation de poisson des Européens. La Fish dependence day montre l’échec de cette stratégie», commente Stéphan Beaucher.
La réforme, attendue pour le 1er janvier 2013, devrait établir la « durabilité écologique» comme principe fondamental. Le Conseil et le Parlement devraient, selon Ocean 2012, définir les critères écologiques et sociaux à prendre en compte dans le cadre de l’attribution d’accès aux ressources de la pêche. Les organes scientifiques, de leur côté, sont à même de déterminer les ressources disponibles de poisson et par conséquent les quantités que l’on peut pêcher. Il est donc préconisé de mieux écouter leurs recommandations.

Et si les éoliennes offshore perturbaient les poissons ?

Vu sur le JDLE

A terre, les aérogénérateurs sont affublés de tous les maux: ils gâchent le paysage, aveuglent les riverains au coucher du soleil (effet stroboscopique), hachent menu l’avifaune, perturbent la réception des signaux hertziens. Aux Antilles, une rumeur tenace les accuse même d’attirer les requins.

Qu’à cela ne tienne, on va les installer au large, ont dit les experts. Au loin, les champs d’éoliennes perturbent moins la vie quotidienne de leurs détracteurs. Du moins jusqu’à présent. Car les éoliennes marines sont désormais suspectées de gravement perturber la vie des poissons.

Les champs d’aérogénérateurs produisent du bruit, lequel peut provoquer des troubles nerveux chez certaines espèces de poissons. Lors de son prochain congrès (qui se tient du 25 au 27 mai à Seattle), la société d’acoustique américaine va faire le point sur les nuisances sonores sous-marines des parcs éoliens offshore. Au centre des discussions: une étude d’Arthur Popper, de l’université du Maryland.

Spécialiste de la question, le chercheur américain estime que le bruit des turbines en fonctionnement accroit le bruit de fond d’une dizaine de décibels, sur de grandes distances. Certes, ces perturbations sont moins dangereuses pour l’ichtyofaune que les sonars ou les tirs de mines, mais elles pourraient néanmoins accroître la production de cortisol, une hormone régulant le cycle circadien, le métabolisme des graisses et certaines réponses du système immunitaire.

La découverte d’Arthur Popper n’étonnera malheureusement pas les spécialistes. En 2007, trois chercheurs (portugais et autrichien) ont montré que la signature sous-marine des navires perturbaient la communication des poissons-crapauds (Halobatrachus didactylus).

En 2004, une étude réalisée par Subacoustech, pour le compte du Crown Estate britannique, avait aussi montré que les bruits générés lors de l’installation des éoliennes en mer (creusement des tranchées pour la pose de câble, pose des mâts) faisaient fuir certaines espèces de poissons et de mammifères marins.