Si les océans étaient un pays…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAHier c’était la journée mondiale des océans…
J’ai sélectionné quelques extraits d’un beau billet de Johan Robinson.

« Les océans procurent de quoi vivre et manger à une part importante de la population mondiale et servent de moyen de transport à 80% du commerce planétaire.  »
(…)
(Le) Fonds mondial pour la nature (WWF) a récemment évalué la valeur totale des actifs océaniques à 24 000 milliards de dollars et le produit marin brut annuel à au moins 2 500 milliards de dollars »
(…)
Mais en dépit des bénéfices que nous tirons de l’océan, nous acceptons qu’il se dégrade.
(…)
Je m’engage à ne plus jamais manger que du poisson pêché de manière durable. Je m’engage à pousser les peuples à établir des zones marines protégées partout dans le monde afin de donner refuge aux populations halieutiques et à celles des récifs coralliens. C’est peu, je sais, mais comme l’a dit le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon : « Même si les décisions individuelles ont l’air insignifiantes face aux tendances et menaces majeures, lorsque des milliards de gens unissent leurs forces pour atteindre un objectif commun, nous pouvons faire une différence énorme. »

http://www.bf.undp.org/content/undp/fr/home/blog/2015/6/8/If-the-oceans-were-a-country-/

1 remorqueur en moins pour la France

 

En annonçant la mise hors service de ses 4 remorqueurs de haute mer, le Royaume-Uni abandonne sa première ligne de défense contre la pollution maritime. Une décision économique aux effets boule de neige pour la France puisqu’elle perd ainsi un remorqueur que l’Etat affrétait en commun avec les Britanniques.

En 1993, le tanker Braer s’échoue sur les côtes des Shetland. Les conséquences écologiques sont désastreuses. Déterminés, après cette énième pollution qui touche leurs côtes, les Britanniques mettent en place un système de prévention et affrètent, deux ans après, 4 remorqueurs pour surveiller leur littoral et venir en aide aux navires en difficulté.

Aujourd’hui, Londres souhaite réduire les dépenses publiques. Le couperet comptable est tombé: plus de financement pour les «bergers des mers». La décision a été prise par le ministère britannique des transports contre l’avis des spécialistes et notamment de Lord Donaldson qui avait mis en place, en 1995, le système de surveillance. En Ecosse, terre pétrolière, les parlementaires et les élus locaux ne décolèrent pas. Malgré l’agitation qui règne au nord du mur d’Hadrien, le ministre des transports, Mike Penning, n’en démord pas: les contrats d’affrètement des navires expireront à la fin du mois.

Cette décision n’est pas sans conséquence pour la France. En effet, parmi les 5 remorqueurs d’intervention, d’assistance et de sauvetage (Rias) de haute mer que possède notre pays, l’un, positionné en Pas-de-Calais, est affrété en commun avec les Britanniques. Interrogé par le JDLE, le secrétariat général de la mer a confirmé, ce matin 15 septembre, que le contrat de l’Anglian Monarch s’arrêtait le 30 septembre prochain puisque ce sont les Britanniques qui sont les titulaires du contrat.

Un remorqueur de moins pour la France donc, et c’est une partie du littoral qui est laissée sans surveillance. Au nom de la lutte contre les pollutions en mer, les préfets maritimes peuvent ordonner à un remorqueur d’assister un navire en péril. Ce qui, bien souvent, contribue à éviter le pire. Or la position de l’Anglian Monarch était stratégique puisque le navire intervenait dans le détroit du Pas-de-Calais, où 90.000 navires se croisent tous les ans. Chaque année, ce sont 430 millions de tonnes de matières dangereuses (hydrocarbures, produits chimiques, explosifs…) qui passent dans les eaux du Channel. A cela s’ajoute le trafic des ferries reliant le continent à la Grande-Bretagne. Il faut aussi compter sur la présence de nombreux pêcheurs et de plaisanciers.

Ne pouvant pas laisser le détroit sans dispositif de secours, la France a donc décidé de transférer l’Abeille Languedoc, un autre Rias, dans le Pas-de-Calais. Une décision saluée dans un premier temps par Mor Glaz, une association française de remorquage, avant qu’elle ne découvre que ce remorqueur ne sera finalement pas remplacé. Il faut dire que, depuis 2005, l’Abeille Languedoc surveillait toute la façade atlantique de La Pallice à La Rochelle. Avec 37 sorties en mer à son actif, dont 17 remorquages et escortes de bateaux en difficulté, l’efficacité du remorqueur n’est plus à démontrer.

Mais le secrétariat général de la mer souhaite que la surveillance du golfe de Gascogne soit dorénavant assurée par le remorqueur brestois Abeille Bourbon et les remorqueurs espagnols. L’association Mor Glaz craint que la zone du golfe de Gascogne soit désertée. «L’Etat français est en train de brader la protection de son littoral alors que nous étions un modèle jusqu’à présent», tempête Jean-Paul Hellequin, son président. «En ne remplaçant pas le remorqueur, élus et hauts fonctionnaires auront la responsabilité des accidents ou des drames maritimes qui pourraient survenir cet hiver. Je demande aux élus de prendre leurs responsabilités», poursuit-il.

Pour le syndicaliste CGT, il faut remplacer l’Abeille Languedoc par un «supply», un remorqueur polyvalent mais tout aussi puissant, dont le financement est déjà tout trouvé puisque l’affrètement de l’Anglian Monarch, qui était de 9.500 euros par jour, avait déjà été budgété.

Selon Jean-Paul Hellequin, l’Etat français, tout comme le gouvernement britannique, souhaite se désengager de la protection des côtes. Ce spécialiste du remorquage rappelle que, depuis 1978, année du naufrage de l’Amoco Cadiz, l’Abeille Flandres a permis d’éviter 21 catastrophes majeures. Autant d’économie pour la collectivité nationale. Et le Brestois de rappeler que 50% du brut récupéré sur un navire naufragé est reversé à l’Etat. Les sauvetages ne sont donc pas forcément des opérations très onéreuses.

L’Abeille Languedoc a quitté il y a quelques jours le port de La Rochelle. Il doit rejoindre la Manche début octobre. En attendant, il est en carénage dans les chantiers Piriou à Concarneau

 

vu sur le JDLE

La température monte dans les océans… et oblige les espèces à migrer

Une invasion de méduses qui menacent d’obstruer la prise d’eau de deux réacteurs d’une centrale nucléaire écossaise. L’histoire peut faire sourire mais elle est vraie. La centrale de Torness (exploitée par l’Espagnol Iberdrola) a bien été fermée mercredi 29 juin. Et semble-t-il, pareils incidents dus à une prolifération de méduses, d’algues et d’autres débris marins ne sont pas rares. Les températures plus élevées que la moyenne ces dernières semaines en mer du Nord pourraient expliquer la surabondance de méduses.

Serait-ce une autre preuve du réchauffement climatique? L’augmentation de température des océans serait, selon les scientifiques, à l’origine d’un des phénomènes de migration des espèces marines les plus importants jamais observés au cours des 2 derniers millions d’années.

La fonte des glaces en Arctique a ouvert un passage entre l’océan Pacifique et l’Atlantique Nord, rendant possible la migration du plancton, du poisson et même de baleines du Pacifique vers l’Atlantique. Selon un article publié le 26 juin dans le quotidien britannique The Telegraph, cette découverte laisse craindre une modification de toute la chaîne trophique marine. La compétition entre espèces d’origine et espèces invasives fait donc rage et souvent au détriment des indigènes.

Des espèces vivant normalement dans les régions subtropicales se retrouvent donc en Atlantique Nord. C’est le cas de Pelagia noctiluca, une méduse des mers du Sud qui a envahi les côtes britanniques, ou de la physalie (Physalia phisalis) aussi appelée galère portugaise, observée en Atlantique Nord.

Les dinoflagellés -une famille de micro-algues- migrent vers l’est, c’est-à-dire vers la mer du Nord et la Scandinavie. Le phénomène de bloom, c’est-à-dire l’éclosion massive de ces micro-organismes pompe l’oxygène de l’eau et rend les crustacés toxiques.

Et même la baleine grise (Eschrichtius robustus) a été prise sur le fait. Les premières ont été observées en 1998, elles venaient du Pacifique, traversant le nord du Canada pour finalement se retrouver au Groenland. Elles ont été vues à nouveau en 2007 et encore en 2010.

«Il semble que pour la première fois depuis des milliers d’années, une énorme zone marine s’est ouverte entre l’Alaska et l’ouest du Groenland, permettant un transfert massif d’eau et d’espèces entre les deux océans», déclare Chris Reid, professeur du laboratoire des sciences marines de Plymouth. «L’ouverture de ce passage permet au vent de s’engouffrer et de favoriser l’entrée d’un courant chaud ce qui facilite le passage des espèces.» Et selon le scientifique, «les conséquences sont énormes. La dernière incursion de ce genre d’espèces du Pacifique migrant vers l’Atlantique a eu lieu, il y a 2 ou 3 millions d’années».

 

L’impact du réchauffement sur les saumons et d’autres types de poissons pourrait être dramatique selon le spécialiste. Et si la glace continue à fondre jusqu’à disparition totale d’ici 20 à 30 ans, énormément d’espèces de poissons pourraient migrer.

Comme avec les méduses, les espèces tropicales et subtropicales migrent vers le nord en raison de l’augmentation de la température des océans.

Les scientifiques estiment que les invasions de planctons risquent de profondément modifier la chaîne alimentaire de l’océan Atlantique. Les espèces invasives sont moins nutritives que les autochtones qui, elles, sont mangées par de nombreux poissons et les baleines. Ce plancton invasif risque donc d’être moins nourrissant pour les espèces locales.

Combien de temps faudra-t-il avant de voir le bar et la sardine remplacés par des poissons lunes en Bretagne ?

Le 30 juin 2011 par Geneviève De Lacour

10 propositions pour sauver la Grande bleue

A l’horizon 2030, il faut craindre de franchir un point de non-retour. Avec l’action combinée des polluants et du réchauffement climatique, «la situation de la Méditerranée pourrait devenir très inquiétante», s’alarme le sénateur Roland Courteau, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opcest).

Le sénateur de l’Aude a présenté aujourd’hui 22 juin les conclusions d’un rapport sur l’état de la pollution en Méditerranée et sur les perspectives à l’horizon 2030. Au total, 200 scientifiques ont été auditionnés, la mission s’est déplacée dans de nombreux pays (Grèce, Tunisie, Malte, Turquie, etc.) pour réaliser ce rapport qui propose ainsi 10 solutions pour sauver la mer Méditerranée.

145 millions de personnes vivent sur ses rives. Une mer semi fermée et particulièrement fragile puisqu’elle lui faut un siècle pour se renouveler entièrement. La pression démographique est particulièrement importante sur les rives Sud et Est et selon les estimations la population pourrait bien y doubler d’ici 2030. 275 millions de touristes viennent chaque année se baigner dans ses eaux bleues, soit 31% du tourisme mondial.

Le rapport continue le bilan. Ainsi, 80% de la pollution maritime serait d’origine terrestre. Avec les pesticides et les engrais issus de l’agriculture, les antibiotiques utilisés en aquaculture, plus toutes les pollutions passées dues aux PCB, aux métaux lourds et autres polluants organiques persistants, la Méditerranée est exposée à un cocktail de produits chimiques dont le devenir dans le milieu naturel est très mal connu. Le sénateur s’inquiète également des pollutions émergentes liées à la présence de médicaments et aux produits vétérinaires. En outre, Roland Courteau insiste sur le fait que les grands fonds n’ont été que très peu explorés et que les mécanismes de transfert de polluants d’un milieu à un autre sont mal compris.

Sur la rive Sud, ce sont surtout les nitrates et les phosphates qui posent problème. D’autant plus que sur cette côte, 44% des villes de plus de 10.000 habitants ne possèdent pas de station de traitement des eaux usées, sauf la Tunisie qui en a construit une centaine sur son rivage. Le Maroc n’en possède que trois sur la côte. Sur la rive Nord, rares sont les villes qui ne sont pas reliées à un système de traitement. Seules 11% des villes de plus de 100.000 habitants, en fait.

Autre élément qui impacte l’écosystème méditerranéen: le trafic maritime. Il compte pour un tiers du trafic mondial et a augmenté de 58% en quelques années. Le sénateur de l’Aude a souligné dans sa présentation le gigantisme de certains bateaux qui font plus de 400 mètres de long et peuvent transporter 20.000 mètres cubes de carburant, soit le chargement de l’Erika. Ainsi, entre 100.000 et 200.000 tonnes d’hydrocarbures ou de résidus sont déversés en Méditerranée chaque année. Et les Etats riverains ont bien du mal à verbaliser les «bateaux voyous». La France, qui a mis en place à partir de 2003 une zone de protection écologique de ses côtes, a vu le nombre de rapports de déversements illicites chuter de 70%.

Le sénateur a beaucoup insisté sur le problème des déchets et notamment des sacs plastique. Il redoute une «polymérisation» de la Méditerranée. Parmi les macro-déchets retrouvés en mer, les scientifiques ont recensé des filtres de cigarette, des sacs plastique et des plastiques. Ces derniers constituent 60 à 80% des déchets en mer. Quant aux sacs, ils se dégradent et se délitent. Les polluants viennent se coller sur les fragments que beaucoup de poissons prennent pour du plancton, et donc les ingèrent. «Ce problème environnemental pourrait bien se transformer en problème sanitaire puisqu’en bout de chaine, c’est nous qui mangeons le poisson», commente Roland Courteau. «Il s’agit d’une véritable bombe à retardement écologique.»

Autre problème qui touche la Grande bleue, les espèces invasives ont augmenté de 350% en 15 ans et cela à cause de l’ouverture du canal de Suez et aussi de la croissance du transport maritime. Ces envahisseurs prennent la place d’espèces endémiques.

En matière de gouvernance, le sénateur félicite le travail réalisé par l’Union européenne, mais c’est un travail qui reste partiel puisque de nombreux pays méditerranéen ne font pas partie de l’Union. Quant à l’Union pour la Méditerranée (UPM) mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008, «le dispositif est intelligent», souligne le sénateur «mais il ne fonctionne pas!». Aucune réunion n’a été organisée en 2010.
Du côté de la recherche scientifique, selon le sénateur de l’Aude, «l’absence de vision et d’action concertée» n’aide pas à mieux comprendre les véritables enjeux. La démographie sur la rive Sud va exploser (+41% d’ici 2025-2030) alors qu’elle devrait rester stable sur la rive Nord. «Sur la rive Sud, les gens construisent n’importe où, même dans les cimetières», commente le sénateur. Le tourisme devrait augmenter de 50% d’ici 2030; l’eau douce se raréfier et les eaux marines s’acidifier en raison de l’augmentation des températures, ce qui pourrait bouleverser le sens des courants. Enfin, 64 plates-formes pétrolières seraient en exploitation en Méditerranée, essentiellement dans les eaux tunisiennes, italiennes et égyptiennes. «Mais on ne connaît pas l’âge de ces plates-formes ni leur état», précise Roland Courteau.
Parmi les propositions faites par le rapporteur de la mission: la création d’une agence de protection de l’environnement agissant aux cotés de l’Union pour la Méditerranée. Il espère aussi réactiver la recherche et notamment la collaboration entre les différents instituts existants sur le pourtour méditerranéen. Il souhaite aussi peser sur le 8e programme-cadre européen de recherche pour que des programmes sur les effets de la pollution et du réchauffement climatique soient initiés. Autres mesures souhaitées: l’amélioration de la lutte contre les rejets illicites d’hydrocarbures grâce à une meilleure couverture de la mer par imagerie satellitaire. «Il faut mettre fin à l’inégalité des sanctions. Un navire lituanien, par exemple, peut demander à être jugé dans son pays où les pénalités sont bien moindres
Enfin, le sénateur désire réactiver la création d’aires maritimes protégées. La France n’en possède qu’une pour l’instant -celle de Porquerolles- et 2 sont en voie de création (celle de la côte Vermeille et du parc des Calanques). Au total, il en existe 24 en Méditerranée. «Mais beaucoup sont des aires protégées de papier.» Elle n’ont de protégé que le nom. Selon le Grenelle de l’environnement, 10% des eaux territoriales devraient être définies en tant que zones marines protégées.
A noter, ce rapport ne devrait pas rester confidentiel puisqu’il sera traduit en anglais, en allemand et espagnol et diffusé largement, notamment au commissaire européen à l’environnement, Janez Potocnik et à Henri Guaino qui a pris la tête de l’Union pour la Méditerranée.

vu sur le JDLE le 28 juin 2011 par Geneviève De Lacour

La création du parc des Calanques repoussée à 2012

 

Le parc des Calanques -le premier créé en France métropolitaine depuis 1979 et le troisième parc périurbain au monde après Le Cap et Sidney- a pour objectifs la préservation de la biodiversité, de la quiétude des lieux et du patrimoine culturel.

Une dépêche AFP datée du 27 juin mentionne que sa charte a été revue lundi après les critiques émises par le Conseil national de la protection de la nature et France Nature Environnement (FNE). Selon le groupement d’intérêt public (GIP), porteur du projet, le parc ne devrait donc pas voir le jour avant avril 2012.
En effet, le 23 juin, France Nature Environnement estimait dans un communiqué que la troisième mouture de la charte était insatisfaisante. FNE regrettait alors que le Frioul soit absent du cœur du parc, déplorait aussi des mesures de protection trop peu ambitieuses en mer et à terre ainsi que le maintien de la chasse et notamment des lâchers de tir au cœur du parc.
Après révision donc, «la troisième version de la charte a été approuvée à une très forte majorité (64%), lors de l’assemblée générale du GIP», affirme son directeur, Jean-Marie Lafond, qui précise: «Le dossier suit son cours, ce qui va permettre de lancer l’enquête publique en fin d’année après deux mois de consultation institutionnelle en août-septembre». La charte définitive sera ensuite votée, l’objectif étant de parvenir à une signature du décret de création en avril 2012, et non fin 2011, comme prévu initialement.
Selon Jean-Marie Lafond, les craintes des associations de protection de la nature et les demandes du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) ont été prises en compte. Les périmètres maritime et terrestre ont été légèrement modifiés: ils sont désormais établis respectivement à 141.500 hectares (dont 43.500 au cœur du parc, où la réglementation sera plus stricte) et 16.500 ha (dont 8.300 en cœur). L’archipel du Frioul, zone traditionnelle de plaisance des Marseillais, qui avait été retiré du projet sous la pression des professionnels du nautisme et des plaisanciers, est réintégré en aire d’adhésion, mais reste exclu du cœur du parc, contrairement à la demande du CNPN.
A Cassis, une partie de l’entrée de la calanque de Port-Miou repasse en cœur marin, tandis que des espaces situés au nord de la commune sont intégrés en aire d’adhésion afin d’obtenir une uniformisation du zonage, explique le GIP dans un communiqué. Dans le même but, l’ensemble des espaces terrestres dans le Var ont été retirés, ainsi que l’aire maritime associée.
Concernant la pêche, les zones de non-prélèvement, dont le CNPN avait déploré la faiblesse, s’étendent toujours sur 10,5% du cœur marin, contre 20% préconisés. Mais le conseil d’administration délibérera annuellement sur la possibilité d’augmenter cette surface.
Par ailleurs, une réglementation plus stricte vis-à-vis des embarcations à moteur a été adoptée.
Enfin, le nombre de membres du conseil d’administration est réduit à 47, au lieu de 62, pour répondre aux critiques du CNPN. En revanche, les compétences nationales et les associations de protection de l’environnement ne sont pas mieux représentées.

vu sur le JDLE le 28 juin 2011 par Geneviève De Lacour

 

Algues vertes : un projet pilote en Bretagne

L’un des deux projets-pilotes du plan national de lutte contre les algues vertes, le projet de la Lieue de Grève, dans la baie de Lannion (Côtes-d’Armor), prévoyant notamment une baisse de 10% des entrées de nitrates d’ici 2015, a été signé ce jeudi 30 juin à Rennes (Ille-et-Vilaine).
La charte prévoit que 60% de la surface agricole utile (SAU) de cette zone de production laitière «soit en herbe d’ici 2015», a indiqué à l’AFP Joël Le Jeune, président de Lannion Trégor Agglomération, lors d’une conférence de presse.
Le texte, signé notamment par les préfets de Bretagne et des Côtes d’Armor et par le président de la région Bretagne Jean-Yves Le Drian, prévoit aussi une «diminution des entrées de nitrates de 10%, la reconquête de 50% des zones humides cultivées où les nitrates peuvent être naturellement absorbés», a précisé Joël Le Jeune.
Au moins 20 des quelque 170 exploitations de ce territoire devront également passer en agriculture biologique, selon la même source.
La charte concernant le projet-pilote de la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), qui avait fait l’objet de fortes réserves de la part du comité scientifique chargé de l’étudier, devrait être signée en juillet dans une version modifiée.
Au 30 juin, près de 25.000 mètres cubes d’algues vertes avaient été ramassées en Bretagne (15.175 dans les Côtes d’Armor, 9.792 dans le Finistère), contre 13.045 m3 l’an passé à la même date (11.947 pour les Côtes d’Armor, 1.098 pour le Finistère), selon les chiffres de la préfecture.
Favorisée cette année par la chaleur précoce, la prolifération de ces algues, qui émettent des gaz toxiques lors de leur putréfaction, a ravivé les questions sur le plan national de lutte.
Un récent rapport du Conseil économique et social de Bretagne (Ceser) a notamment souligné «l’urgence et l’ampleur des actions à mener».
Par ailleurs, des projets de décrets et d’arrêtés ministériels ont été critiqués par les associations UFC Que Choisir ainsi que Eau et rivières de Bretagne pour lesquelles ces mesures attendues vont totalement à l’encontre de la politique de reconquête de la qualité de l’eau et du littoral en Bretagne.
vu sur JDLE Le 30 juin 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg

Le conseil National de la Mer est en place

Le Conseil national du littoral a été transformé par la loi «Grenelle II» en Conseil national de la mer et des littoraux (CNML). Ses missions sont maintenant officiellement élargies par rapport au CNL, dont ne relevaient que les espaces littoraux – au domaine maritime, comme sa dénomination le souligne désormais. Cette nouvelle instance consultative, qui a vocation à devenir également une force de proposition pour la gestion de la mer et des littoraux, devrait faciliter la mise en oeuvre de la stratégie nationale pour la mer prévue par la loi Grenelle 2 et assurer une cohérence entre la politique côtière et la politique de la mer.
A ce titre, le CNML est chargé, outre des missions anciennement dévolues au CNL, du suivi du Grenelle de la mer. Il devra par ailleurs contribuer à l’animation des conseils maritimes de façade et conseils maritimes ultramarins. Dans ce cadre, il devra veiller à la cohérence des politiques maritimes locales avec la politique nationale pour la mer et les littoraux. Sa participation aux travaux de prospective, d’observation et d’évaluation dans les domaines intéressant la mer aux niveaux européen, national et interrégional est également reconnue. Enfin, il sera tenu informé des travaux relatifs aux politiques maritimes européennes et internationales, ainsi qu’à leur mise en œuvre.

Composition paritaire

Grâce au travail de l’Association nationale des élus du littoral (Anel), le décret du 9 juin dernier confirme le principe d’une représentation majoritaire d’élus et finalement plus d’élus ultramarins que prévu dans le nouveau Conseil. Au terme de discussions parfois houleuses, le décret en fixe le nombre à 70 membres répartis en six collèges. Présidé par le Premier ministre ou, par délégation, par le ministre chargé de la Mer, le CNML est ainsi composé à parité, d’une part, des membres du Parlement (six dont un député et un sénateur d’outre-mer) et des représentants des collectivités territoriales des façades maritimes de métropole et d’outre-mer (au nombre de 29) et, d’autre part, des représentants des établissements publics intéressés (cinq), des milieux socioprofessionnels (neuf) et de la société civile représentatifs des activités et des usages du littoral (dont sept représentants des organisations syndicales de salariés, neuf membres des d’associations et fondations de protection de l’environnement et cinq personnalités qualifiées). Parmi les élus locaux, vingt assurent une « représentation équilibrée » des façades métropolitaines – dont au moins deux élus membres de comités de bassin métropolitains – et  huit élus assurent la représentation des collectivités territoriales ultramarines – dont au moins deux élus des collectivités d’outre-mer de l’article 74 de la Constitution et de la Nouvelle-Calédonie. Le président de l’Association nationale des élus du littoral est quant à lui membre de droit du CNML.
Les représentants des collectivités territoriales, et leurs suppléants, sont désignés sur proposition, des conseils maritimes de façade et des conseils maritimes ultramarins. Ils sont nommés pour trois ans (renouvelable une fois) par arrêté conjoint du ministre chargé de la mer, du ministre chargé de l’aménagement du territoire et du ministre chargé de l’outre-mer. Toutefois, lors de la première nomination des membres du CNML, les représentants des collectivités territoriales, ainsi que leurs suppléants, seront désignés ainsi : trois membres désignés par l’Association des régions de France ; six membres désignés par l’Assemblée des départements de France (dont un élu des départements d’outre-mer) ; 19 membres désignés par l’Association des maires de France (dont cinq présidents d’établissements publics de coopération intercommunale, cinq élus des départements et régions d’outre-mer et trois élus des collectivités d’outre-mer de l’article 74 de la Constitution et de la Nouvelle-Calédonie).
Le secrétariat du CNML est assuré par le délégué interministériel au développement durable, conjointement avec le délégué interministériel à l’aménagement du territoire et le secrétaire général à la mer. Enfin, fort logiquement, le texte abroge le décret du 18 novembre 2005 relatif à la composition et au fonctionnement du CNL.
Au terme du Comité interministériel de la mer qui s’est tenu ce 10 juin à Guérande (Loire-Atlantique), le Premier ministre, François Fillon, a annoncé qu’il présiderait « à la rentrée » le premier CNML.

L’Europe dépend trop du poisson des autres

Vu sur le JDLE, le 10 juin 2011

La consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%.

La consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%.

Les citoyens européens consomment beaucoup plus de poissons que les mers d’Europe peuvent fournir. Chaque année, la date à laquelle nous commençons à manger le poisson des autres avance, prévient la New economic foundation (NefNEF) et Océan 2012 dans leur rapport rendu public le 9 juin.

La tendance observée l’année dernière se confirme (dans le JDLE), voire s’aggrave. Si l’Union européenne devait consommer des ressources halieutiques provenant uniquement de ses propres eaux, elle manquerait de poisson dès le 2 juillet. L’année dernière, c’était le 9 juillet. « Cela montre une baisse de 200.000 tonnes de produits de la mer sur 12 mois », indique la NEF dans le rapport 2011 sur la « Journée de la dépendance aux poissons», ou « Fish dependance day (FDD)» en anglais.
La France commencera pour sa part à dépendre des importations à partir du 13 juin (contre le 20 juin l’année dernière). C’est 6 semaines plus tôt qu’en 2000. Seulement trois pays (l’Estonie, l’Irlande, et les Pays-Bas) sont auto-suffisants. Le cas du Danemark est particulier. Il y a 5 ans, ce pays était encore autosuffisant toute l’année et exportait beaucoup. Mais sa politique de pêche minotière (industrielle) se concentrant sur 2 ou 3 espèces pour la production de farines animales a rendu le pays dépendant des importations sur 4 mois de l’année.
Les niveaux d’autosuffisance des Etats européens sont calculés sous forme de rapport entre l’offre nationale (production) et la demande nationale (consommation). « L’offre nationale comprend le total des débarquements déclarés par Etat membre pour les eaux communautaires, la production aquacole et la balance commerciale (les importations soustraites aux exportations). La demande nationale quant à elle comprend le total des débarquements déclarés dans toutes les régions, auquel on ajoute les importations et on soustrait les exportations», explique Rupert Crilly, de la NEF, co-auteur du rapport. Le jour de la dépendance à l’égard du poisson est ensuite calculé en multipliant le niveau d’autosuffisance par 365, puis en trouvant la date correspondante dans l’année calendaire.
De manière générale, les poissons pêchés aujourd’hui en Europe sont plus petits et moins nombreux, leur capture demande un effort plus important, et par conséquent, d’autres espèces, plus vulnérables, sont ciblées à leur tour. Surpêche, quotas inappropriés, méthodes peu sélectives, subventions distribuées trop facilement pour la construction de bateaux, nombreuses sont les raisons qui ont amené cette situation (dans le JDLE). Le cas de la Méditerranée n’échappe pas à la tendance (dans le JDLE).
Il faut dire que la consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%. Les français consomment 37,3 kilogrammes (kg) de poisson par an, et l’Espagne 42 kg, alors que la consommation mondiale moyenne s’élève à 17 kg par an et par personne (dans le JDLE). « La population vieillit, et demande de plus en plus de protéines non grasses. Dans l’imaginaire, le poisson est un produit pur, car sauvage. Mais plus on monte dans la chaîne alimentaire, plus on mange du concentré de poison», rappelle Stéphan Beaucher, conseiller sur la Politique commune de la pêche (PCP) pour Océan 2012 et auteur de « Plus un poisson dans 30 ans?» (dans le JDLE).
Contrairement à ce que l’on peut imaginer, l’aquaculture a seulement ralenti, et non pas enrayé, l’augmentation de la dépendance de la France et d’autres pays européens à l’égard du poisson provenant d’ailleurs. Il n’y a qu’à constater les désastres causés par les fermes de saumons sur les côtes des îles Chiloe au Chili pour comprendre que l’élevage n’est d’ailleurs pas une solution (usage intensif d’antibiotiques, développement d’algues qui détruisent toute forme de vie sous les cages, etc.)
Le constat est clair. Pour répondre à une telle demande, il faut une pêche beaucoup plus durable, qui respecte les limites biologiques du poisson. La coalition Ocean 2012 (123 membres), créée peu après la publication du Livre vertde la Commission européenne d’avril 2009 sur la réforme de la PCP, critique la vision économique à court terme menée depuis 25 ans par l’UE.
« La PCP visait l’autonomie en ce qui concerne la consommation de poisson des Européens. La Fish dependence day montre l’échec de cette stratégie», commente Stéphan Beaucher.
La réforme, attendue pour le 1er janvier 2013, devrait établir la « durabilité écologique» comme principe fondamental. Le Conseil et le Parlement devraient, selon Ocean 2012, définir les critères écologiques et sociaux à prendre en compte dans le cadre de l’attribution d’accès aux ressources de la pêche. Les organes scientifiques, de leur côté, sont à même de déterminer les ressources disponibles de poisson et par conséquent les quantités que l’on peut pêcher. Il est donc préconisé de mieux écouter leurs recommandations.

Et si les éoliennes offshore perturbaient les poissons ?

Vu sur le JDLE

A terre, les aérogénérateurs sont affublés de tous les maux: ils gâchent le paysage, aveuglent les riverains au coucher du soleil (effet stroboscopique), hachent menu l’avifaune, perturbent la réception des signaux hertziens. Aux Antilles, une rumeur tenace les accuse même d’attirer les requins.

Qu’à cela ne tienne, on va les installer au large, ont dit les experts. Au loin, les champs d’éoliennes perturbent moins la vie quotidienne de leurs détracteurs. Du moins jusqu’à présent. Car les éoliennes marines sont désormais suspectées de gravement perturber la vie des poissons.

Les champs d’aérogénérateurs produisent du bruit, lequel peut provoquer des troubles nerveux chez certaines espèces de poissons. Lors de son prochain congrès (qui se tient du 25 au 27 mai à Seattle), la société d’acoustique américaine va faire le point sur les nuisances sonores sous-marines des parcs éoliens offshore. Au centre des discussions: une étude d’Arthur Popper, de l’université du Maryland.

Spécialiste de la question, le chercheur américain estime que le bruit des turbines en fonctionnement accroit le bruit de fond d’une dizaine de décibels, sur de grandes distances. Certes, ces perturbations sont moins dangereuses pour l’ichtyofaune que les sonars ou les tirs de mines, mais elles pourraient néanmoins accroître la production de cortisol, une hormone régulant le cycle circadien, le métabolisme des graisses et certaines réponses du système immunitaire.

La découverte d’Arthur Popper n’étonnera malheureusement pas les spécialistes. En 2007, trois chercheurs (portugais et autrichien) ont montré que la signature sous-marine des navires perturbaient la communication des poissons-crapauds (Halobatrachus didactylus).

En 2004, une étude réalisée par Subacoustech, pour le compte du Crown Estate britannique, avait aussi montré que les bruits générés lors de l’installation des éoliennes en mer (creusement des tranchées pour la pose de câble, pose des mâts) faisaient fuir certaines espèces de poissons et de mammifères marins.