La création du parc des Calanques repoussée à 2012

 

Le parc des Calanques -le premier créé en France métropolitaine depuis 1979 et le troisième parc périurbain au monde après Le Cap et Sidney- a pour objectifs la préservation de la biodiversité, de la quiétude des lieux et du patrimoine culturel.

Une dépêche AFP datée du 27 juin mentionne que sa charte a été revue lundi après les critiques émises par le Conseil national de la protection de la nature et France Nature Environnement (FNE). Selon le groupement d’intérêt public (GIP), porteur du projet, le parc ne devrait donc pas voir le jour avant avril 2012.
En effet, le 23 juin, France Nature Environnement estimait dans un communiqué que la troisième mouture de la charte était insatisfaisante. FNE regrettait alors que le Frioul soit absent du cœur du parc, déplorait aussi des mesures de protection trop peu ambitieuses en mer et à terre ainsi que le maintien de la chasse et notamment des lâchers de tir au cœur du parc.
Après révision donc, «la troisième version de la charte a été approuvée à une très forte majorité (64%), lors de l’assemblée générale du GIP», affirme son directeur, Jean-Marie Lafond, qui précise: «Le dossier suit son cours, ce qui va permettre de lancer l’enquête publique en fin d’année après deux mois de consultation institutionnelle en août-septembre». La charte définitive sera ensuite votée, l’objectif étant de parvenir à une signature du décret de création en avril 2012, et non fin 2011, comme prévu initialement.
Selon Jean-Marie Lafond, les craintes des associations de protection de la nature et les demandes du Conseil national de la protection de la nature (CNPN) ont été prises en compte. Les périmètres maritime et terrestre ont été légèrement modifiés: ils sont désormais établis respectivement à 141.500 hectares (dont 43.500 au cœur du parc, où la réglementation sera plus stricte) et 16.500 ha (dont 8.300 en cœur). L’archipel du Frioul, zone traditionnelle de plaisance des Marseillais, qui avait été retiré du projet sous la pression des professionnels du nautisme et des plaisanciers, est réintégré en aire d’adhésion, mais reste exclu du cœur du parc, contrairement à la demande du CNPN.
A Cassis, une partie de l’entrée de la calanque de Port-Miou repasse en cœur marin, tandis que des espaces situés au nord de la commune sont intégrés en aire d’adhésion afin d’obtenir une uniformisation du zonage, explique le GIP dans un communiqué. Dans le même but, l’ensemble des espaces terrestres dans le Var ont été retirés, ainsi que l’aire maritime associée.
Concernant la pêche, les zones de non-prélèvement, dont le CNPN avait déploré la faiblesse, s’étendent toujours sur 10,5% du cœur marin, contre 20% préconisés. Mais le conseil d’administration délibérera annuellement sur la possibilité d’augmenter cette surface.
Par ailleurs, une réglementation plus stricte vis-à-vis des embarcations à moteur a été adoptée.
Enfin, le nombre de membres du conseil d’administration est réduit à 47, au lieu de 62, pour répondre aux critiques du CNPN. En revanche, les compétences nationales et les associations de protection de l’environnement ne sont pas mieux représentées.

vu sur le JDLE le 28 juin 2011 par Geneviève De Lacour

 

L’Europe dépend trop du poisson des autres

Vu sur le JDLE, le 10 juin 2011

La consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%.

La consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%.

Les citoyens européens consomment beaucoup plus de poissons que les mers d’Europe peuvent fournir. Chaque année, la date à laquelle nous commençons à manger le poisson des autres avance, prévient la New economic foundation (NefNEF) et Océan 2012 dans leur rapport rendu public le 9 juin.

La tendance observée l’année dernière se confirme (dans le JDLE), voire s’aggrave. Si l’Union européenne devait consommer des ressources halieutiques provenant uniquement de ses propres eaux, elle manquerait de poisson dès le 2 juillet. L’année dernière, c’était le 9 juillet. « Cela montre une baisse de 200.000 tonnes de produits de la mer sur 12 mois », indique la NEF dans le rapport 2011 sur la « Journée de la dépendance aux poissons», ou « Fish dependance day (FDD)» en anglais.
La France commencera pour sa part à dépendre des importations à partir du 13 juin (contre le 20 juin l’année dernière). C’est 6 semaines plus tôt qu’en 2000. Seulement trois pays (l’Estonie, l’Irlande, et les Pays-Bas) sont auto-suffisants. Le cas du Danemark est particulier. Il y a 5 ans, ce pays était encore autosuffisant toute l’année et exportait beaucoup. Mais sa politique de pêche minotière (industrielle) se concentrant sur 2 ou 3 espèces pour la production de farines animales a rendu le pays dépendant des importations sur 4 mois de l’année.
Les niveaux d’autosuffisance des Etats européens sont calculés sous forme de rapport entre l’offre nationale (production) et la demande nationale (consommation). « L’offre nationale comprend le total des débarquements déclarés par Etat membre pour les eaux communautaires, la production aquacole et la balance commerciale (les importations soustraites aux exportations). La demande nationale quant à elle comprend le total des débarquements déclarés dans toutes les régions, auquel on ajoute les importations et on soustrait les exportations», explique Rupert Crilly, de la NEF, co-auteur du rapport. Le jour de la dépendance à l’égard du poisson est ensuite calculé en multipliant le niveau d’autosuffisance par 365, puis en trouvant la date correspondante dans l’année calendaire.
De manière générale, les poissons pêchés aujourd’hui en Europe sont plus petits et moins nombreux, leur capture demande un effort plus important, et par conséquent, d’autres espèces, plus vulnérables, sont ciblées à leur tour. Surpêche, quotas inappropriés, méthodes peu sélectives, subventions distribuées trop facilement pour la construction de bateaux, nombreuses sont les raisons qui ont amené cette situation (dans le JDLE). Le cas de la Méditerranée n’échappe pas à la tendance (dans le JDLE).
Il faut dire que la consommation de poisson en Europe progresse tous les ans de 2%. Les français consomment 37,3 kilogrammes (kg) de poisson par an, et l’Espagne 42 kg, alors que la consommation mondiale moyenne s’élève à 17 kg par an et par personne (dans le JDLE). « La population vieillit, et demande de plus en plus de protéines non grasses. Dans l’imaginaire, le poisson est un produit pur, car sauvage. Mais plus on monte dans la chaîne alimentaire, plus on mange du concentré de poison», rappelle Stéphan Beaucher, conseiller sur la Politique commune de la pêche (PCP) pour Océan 2012 et auteur de « Plus un poisson dans 30 ans?» (dans le JDLE).
Contrairement à ce que l’on peut imaginer, l’aquaculture a seulement ralenti, et non pas enrayé, l’augmentation de la dépendance de la France et d’autres pays européens à l’égard du poisson provenant d’ailleurs. Il n’y a qu’à constater les désastres causés par les fermes de saumons sur les côtes des îles Chiloe au Chili pour comprendre que l’élevage n’est d’ailleurs pas une solution (usage intensif d’antibiotiques, développement d’algues qui détruisent toute forme de vie sous les cages, etc.)
Le constat est clair. Pour répondre à une telle demande, il faut une pêche beaucoup plus durable, qui respecte les limites biologiques du poisson. La coalition Ocean 2012 (123 membres), créée peu après la publication du Livre vertde la Commission européenne d’avril 2009 sur la réforme de la PCP, critique la vision économique à court terme menée depuis 25 ans par l’UE.
« La PCP visait l’autonomie en ce qui concerne la consommation de poisson des Européens. La Fish dependence day montre l’échec de cette stratégie», commente Stéphan Beaucher.
La réforme, attendue pour le 1er janvier 2013, devrait établir la « durabilité écologique» comme principe fondamental. Le Conseil et le Parlement devraient, selon Ocean 2012, définir les critères écologiques et sociaux à prendre en compte dans le cadre de l’attribution d’accès aux ressources de la pêche. Les organes scientifiques, de leur côté, sont à même de déterminer les ressources disponibles de poisson et par conséquent les quantités que l’on peut pêcher. Il est donc préconisé de mieux écouter leurs recommandations.