Le monde du silence ?

Selon une récente étude, la cacophonie humaine envahit les océans et perturbe considérablement la vie sous-marine. Des cétacés désorientés qui viennent s’échouer sur les côtes, des espèces menacées parce qu’elles ne peuvent plus retrouver leur habitat, se reproduire ou identifier les prédateurs, les conséquences sont multiples (voir notre article Attaques d’orques: lorsque la réalité dépasse la fiction…), mais des solutions existent !

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Crédit photo : XAVIER PITA/KAUST

Même si la sensibilité à l’environnement se développe de jour en jour, on a tous tendance à voir les océans comme un vaste univers encore largement inexploré aux profondeurs abyssales mystérieuses, un monde imperméable au son, un monde de tranquillité dès lors que l’on plonge sous la surface.
Or, selon une étude intitulée « An anthropogenic cacophony », publiée dans la revue Science le 5 février 2021, l’environnement sonore des océans est d’une importance capitale pour bon nombre de mammifères marins dont la survie dépend de leur système d’écholocation. En effet, le son se propage plus vite et plus loin dans l’eau que dans l’air et l’activité humaine croissante a un impact fort sur cette faune et va jusqu’à perturber leur écosystème.

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Depuis le milieu du XIXe siècle, l’homme n’a eu de cesse de renforcer sa présence dans les océans, que ce soit pour de la prospection pétrolière et gazière, la veille sismique, la navigation commerciale de plus en plus dense, les sonars militaires ou encore, plus récemment, pour l’exploitation des énergies renouvelables avec l’implantation dans le plancher océanique de champs éoliens « offshore ». Toute cette activité génère une véritable pollution sonore qui, selon les preuves récoltées par l’enquête, impacte non seulement les systèmes d’orientation des mammifères marins, mais touche également les poissons, les invertébrés, les oiseaux marins ou encore les reptiles. Les animaux touchés ressentent de plus en plus de stress, peinent à se reposer ou se reproduire, perdent leur sens de l’orientation, s’éloignent de leur habitat, et deviennent parfois des proies plus faciles pour leurs prédateurs. Cette pollution jusqu’à provoquer des changements physiologiques et comportementaux et même causer des mortalités à l’état embryonnaire.

Cependant, contrairement aux polluants organiques qui sont déversés dans les océans, la pollution sonore agit comme un facteur de stress ponctuel qui disparaît dès lors que la source s’éloigne. Ainsi, les auteurs de l’étude ne se contentent pas de tirer la sonnette d’alarme, car l’objectif ne se limite pas à la sensibilisation : des actions fortes sont attendues de la part de l’ensemble des acteurs du monde marin et plusieurs solutions sont envisagées pour réduire considérablement « l’anthropophonie ». En effet, la réduction du trafic maritime, l’utilisation de propulseurs plus silencieux pour les gros porteurs, des éoliennes flottantes, ou encore des appareils de prospection sismique implantés sur les fonds marins plutôt qu’en surface, permettraient non seulement de réduire la pollution sonore humaine mais aussi de réduire l’impact écologique global de cette activité.

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Crédit photo : XAVIER PITA/KAUST

Enfin, au-delà des décisions politiques qui doivent être prises pour réguler l’activité humaine sur les océans, chacun peut agir à son niveau en devenant plus écoresponsable et en changeant sa manière de consommer : il convient de réfléchir à la provenance de ce que nous achetons et privilégier les denrées alimentaires et les biens produits localement.

Source : Science N°371 du 5 février 2021 : « The soundscape of the Anthropocene ocean »

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