Les océans saturés par les microplastiques

Amis navigateurs, vous vous en êtes forcément rendu compte lors de vos navigations : les plastiques ont envahi les océans. Et ce qui est encore plus préoccupant, c’est qu’aujourd’hui nous sommes en mesure de l’assurer : les microplastiques sont aussi présents dans tous les océans !

Les déchets plastiques sont un véritable fléau. Pour vous en convaincre, il vous suffit de lire notre article « le plastique n’est vraiment pas fantastique ». Mais le fameux continent de plastique n’est plus, aujourd’hui, le seul à poser un problème. On vient en effet de prouver que, de la Bretagne aux abords du cercle polaire arctique, les microplastiques avaient envahis nos océans.
C’est en juillet dernier que les coureurs de la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne ont pris le départ de leur dernière grande course avant le Vendée Globe. Les coureurs au large sont depuis longtemps de bonnes sentinelles de ce qui se passe sur les océans. Ils connaissent la mer mieux que personne et ont été parmi les premiers à lancer un cri d’alarme sur la prolifération des OFNIs (voir notre article ici) ou encore le danger pour la faune des collisions avec les animaux marins de plus en plus fréquentes. 
Les coureurs sont par ailleurs de plus en plus sensibles à l’impact écologique de leur pratique (voir Un peu d’écologie dans la course au large, c’est possible ?) et se mobilisent depuis longtemps pour aider les scientifiques à trouver des solutions.

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Sur la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne, le skipper Fabrice Amedeo a collecté des échantillons grâce au capteur microplastiques embarqué sur son IMOCA Newrest – Art & Fenêtres. Ces nombreux échantillons ont été collectés tout au long de la course et sur tout le parcours. Le capteur installé sur le bateau de course filtrait l’eau en continue en navigation. La mission du skipper consistait simplement de changer les filtres tous les jours et à stocker les échantillons prélevés à bord pour les remettre aux scientifiques en charge de les analyser. 
Ce sont l’Ifremer, le Laboratoire DCM, et les laboratoires EPOC et CBMN de l’Université de Bordeaux qui ont donc, à l’issue de la course, pu récupérer les échantillons et qui viennent de de donner les premiers résultats de leur étude.
Tout d’abord, les microplastiques sont présents absolument partout, de la Bretagne jusqu’aux abords du cercle polaire arctique.
Après les premières analyses, les scientifiques ont pu constater que les particules supérieures à 300 µm ont été isolées et caractérisées par spectroscopie pour déterminer leur nature chimique. TOUS les échantillons contiennent des microplastiques ! Les particules entre 30 et 300 µm collectées sont en cours d’étude. L’analyse spectroscopique permet d’établir que les fragments étudiés sont principalement des microplastiques de nature diverse, comme le polyéthylène (PE) notamment utilisé dans les sacs plastiques et films alimentaires, le polyéthylène téréphtalate (PET) notamment utilisé dans les bouteilles en plastique, le polyamide notamment utilisé dans les textiles. Les résultats quant à leur origine, leur concentration, et leur toxicité sont en cours. L’IRD (Laboratoire d’Océanographie Physique et Spatiale) réalisera ensuite une cartographie de la répartition de ces microplastiques sur le trajet de la course.
« Malheureusement, ces résultats ne sont pas une surprise, commente Fabrice Amedeo, et on s’attend à retrouver des microplastiques dans tous les filtres cet hiver sur le parcours du tour du monde… Je suis content de voir que les tests ont été concluants sur la Vendée-Arctique et j’ai à cœur de faire le travail de manière très précise et consciencieuse pour nos scientifiques pendant le Vendée Globe. »

Après l’Atlantique Nord, direction les mers du Sud

En effet, le skipper continue sur sa lancée et le Vendée Globe 2020 va aussi permettre de récolter des échantillons et ainsi savoir ce qu’il en est dans les mers du Sud. Il faut dire que la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne a permis à Fabrice Amedeo de tester le bon fonctionnement du capteur et la collecte des échantillons sur un parcours de plus de 3000 milles, et à l’équipe scientifique de mettre en place un protocole rigoureux d’analyse des échantillons.
Ce projet est particulièrement important, car il représente une opportunité sans précédent, de collecter et analyser les microplastiques présents dans les eaux océaniques de surface sur lesquelles peu ou pas de données sont actuellement disponibles. Étudier la pollution microplastique avec la vision globale offerte par le parcours du Vendée Globe, qui passe par des zones encore peu fréquentées, est rare et novateur. 
Les données obtenues sur le Vendée Globe pourraient permettre de :
– Cartographier les concentrations moyennes en microplastiques par masse d’eau et les replacer dans le contexte dynamique de la circulation de surface.
– Cartographier les profils de composition en microplastiques par masse d’eau.
– Caractériser le profil de contamination métallique des microplastiques par régions (Atlantique Nord, Atlantique Sud, Pacifique sud, Océan Indien)
– Évaluer la toxicité des microplastiques par grande masse d’eau (Atlantique Nord, Atlantique Sud, Pacifique sud, Océan Indien).

Si, comme le dit Fabrice Amedeo, « être témoin de la dégradation de nos océans n’est pas très agréable(…). J’espère que les capteurs que je vais embarquer sur ce Vendée Globe à bord de Newrest – Art & Fenêtres vont permettre de rapporter beaucoup d’informations sur l’état et la fragilité de nos océans ».

Si on sait d’ores et déjà que nos océans sont fragiles et en détresse, cette opération va pouvoir nous donner des informations particulièrement intéressantes. 

A suivre sur 
https://fabriceamedeo.com/fr/
https://www.vendeeglobe.org/fr

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