Masques chirurgicaux, une menace pour les océans ?

Il n’a échappé à aucun d’entre nous, que depuis le début 2020, notre vie a très largement changé. La faute à un virus qui a bouleversé nos habitudes, nous obligeant à porter un masque tout au long de la journée… Des masques que l’on retrouve – parfois – au fond des mers. Les chiffres, annoncés dans une étude réalisée par l’organisation OceanAsia, font, à ce propos, froid dans le dos !

Trop de masques à usage unique finissent dans toutes les mers du globe…  (Photo : OceanAsia)
Trop de masques à usage unique finissent dans toutes les mers du globe…  (Photo : OceanAsia)

OceanAsia est parti d’un constat assez simple : en 2020 la production de masques à usage unique a atteint des sommets. La demande a été mondiale, toute l ’humanité en réclamait ! Les chiffres ne sont pas simples à trouver et encore moins à vérifier, mais plusieurs sources parlent d’une cinquantaine de milliards de masques produits en 2020. Et au vue de la pénurie connue pendant cette année noire, il y a fort à parier que ce soit une production bien plus importante qui s’annonce pour 2021. 
Pour son étude, OceanAsia s’est donc arrêté sur un chiffre cohérent : 52 milliards de masques produits en 2020.
L’organisation de protection de la mer, installée à Hong-Kong, a ensuite réalisé un calcul assez simple. Si seulement 3% des masques fabriqués et utilisés finissent en mer, et considérant que le poids moyen des masques chirurgicaux est de 3 à 4 grammes, ce sont 1,56 milliards de masques qui auraient été rejetés en mer en 2020 pour un tonnage de plastique allant 4 680 à 6 240…

Une simple balade sur une plage et voici la récolte… (Photo : OceanAsia)
Une simple balade sur une plage et voici la récolte… (Photo : OceanAsia)

Ces masques en polypropylène vont mettre plusieurs centaines d’années à se décomposer (OceanAsia estime ce temps à 450 ans), se transformant lentement en microplastiques dont l’impact désastreux sur la faune marine est bien connu (voir nos articles sur les microplastiques et sur le plastique en mer).

Idéalement, il faudrait donc pouvoir les recycler. Mais ce n’est pas aussi facile que l’on pourrait l’imaginer , notamment en raison de leur conception en plastiques fondus-soufflés. Sans compter les risques de contamination et d’infection qu’ils représentent pour le recycleur… Abandonnés dans les rues ou les décharges, certains de ces masques se retrouvent donc dans les océans surtout lorsque les systèmes de gestion des déchets sont inadéquats, inexistants ou débordés en raison de l’augmentation des volumes de déchets…

La pollution des mers par le plastique et un problème majeure aujourd’hui ! (Photo : OceanAsia)
La pollution des mers par le plastique et un problème majeure aujourd’hui ! (Photo : OceanAsia)

Alors, quelles sont les solutions ?

L’intérêt des masques contre la pandémie de Covid-19 est une évidence. Il n’y a, sur ce point, aucun débat. Alors, comment éviter d’en retrouver des milliards dans la nature ? Dans certaines situations, ceux qui sont réutilisables peuvent être une alternative intéressante. Mais ils ne sont pas – loin s’en faut – toujours suffisamment protecteur. 
L’une des solutions pourrait donc venir de la gestion des déchets et du recyclage. La demande sur les masques chirurgicaux a explosé en 2020. Et on peut facilement imaginer que la production va encore augmenter en 2021 et peut-être même après…. La réactivité des acteurs de production a été impressionnante pour permettre à des milliards d’êtres humains de se protéger grâce à ces masques. Peut-on imaginer qu’il en soit de même avec la gestion des déchets et l’organisation du recyclage de ces plastiques dans un délais aussi court ?

No comment (photo : Ville de Cannes)
No comment (photo : Ville de Cannes)

En savoir plus 
Retrouvez l’étude complète réalisée par OceanAsia ICI

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