La Mini : une grande famille sur un petit bateau

Logo Mini transat

La Mini, c’est quoi ?

La Mini, ou Mini transat, c’est une course transatlantique où les concurrents possèdent pour monture un bateau de 6,50m de long. Cela en fait la course avec les plus petits bateaux qui traversent l’Atlantique. Elle a lieu tous les deux ans et se déroule en deux étapes. Une première entre la France et les Canaries ou Madère, puis une deuxième jusqu’au Caraïbes. Elle se compose également de deux catégories : bateaux de série et prototypes. Cette course a le mérite d’être ouverte à tous. En effet, pour y participer, rien de plus simple ! Il suffit d’avoir un bateau et de s’inscrire. Pour être autorisé à courir, il est tout de même nécessaire d’effectuer quelques validations : avoir navigué au moins 1500 milles en course sur le bateau et avoir réalisé un parcours d’au moins 1000 milles hors course. Cela permet d’assurer la sécurité des participants avant de les envoyer traverser l’Atlantique en solitaire.

La porte vers la course au large

Et cette porte est double : pour les skippers mais également pour les technologies. Côté skipper, les exemples ne manquent pas. Parmi les derniers coureurs, on peut citer Clarisse Crémer qui, après être arrivée 2ème en série en 2017, a réalisé un projet Vendée Globe en 2020. Elle est d’ailleurs arrivée 12ème en réalisant le meilleurs temps féminin de l’histoire du Vendée Globe. Mais on peut également citer Ellen MacArthur, Michel Desjoyaux, Roland Jourdain, Isabelle Autissier, Loïck Perron. Et cette liste n’est pas exhaustive. Les skippers se créent une première opportunité sur la Mini. Et s’ils arrivent à s’y démarquer, ils deviennent parfois coureur au large professionnel.

Mais la Mini, c’est aussi un laboratoire d’idées et de créations ! Comme expliqué plus haut, une des deux catégories des bateaux sont des prototypes, ou proto pour les intimes. Cette jauge proto est très ouverte et a donné lieu à de nombreuses innovations que l’on retrouve aujourd’hui sur de nombreux voiliers de course : balast (Northon Smith, 1979), Mât carbone (Yves Parlier, 1985), Quille pivotante et bout-dehors (Michel Desjoyeaux, 1991), étrave arrondie (David Raison, 2011) et bien d’autres encore !

Les “ministes” : une grande famille

Peloton des Minis sur l'eau (Photo DR)
Peloton des Minis sur l’eau (Photo DR)

Les “ministes”, ce sont ces coureurs qui ont décidé de faire la Mini, c’est-à-dire de passer 2 ans de préparation, si ce n’est plus, puis plus de 20 jours en mer.
En résumé : 2 ans à passer son temps et son argent sur un voilier plus petit qu’un but de football. Et 20 jours à vivre trempé ou courbé en deux dans leur petite cabine, selon le fameux dicton britannique : « faire de la course hauturière, c’est passer ses vacances sous une pluie battante, de nuit, en déchirant des billets de banque. ». Il faut d’ailleurs noter qu’aucune rétribution financière n’est donnée aux gagnants de la course. Sont-ils fous ? Non, ils sont passionnés. Mais ils sont aussi une famille. Concurrents sur l’eau, un bon esprit demeure tout de même, aussi bien au cours des navigations qu’au ponton. On parle d’esprit “Mini”, propre à cette classe.

Ce lien entre “ministes” fait bien sûr écho à la solidarité des marins (voir nos articles L’appel des 70 marins solidaires… et Edito : Cela va sans dire…). Quand sa seule possibilité d’appeler au secours, c’est une VHF d’une portée de 6 milles, il faut pouvoir compter sur les autres participants et leur faire confiance pour vous aider !

Suite à ce premier coup d’œil sur la Mini, retrouvez la semaine prochaine le vécu de Matthieu Vincent, un des “ministes” que nous avons pu interviewer sur sa course !

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